L’intérêt d’un data scientist pour les entreprises du Tourisme

Avec l’arrivée du Big Data et la prise de conscience progressive des entreprises sur son utilité, de nouveaux métiers sont nés : les data scientists ou data…

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Julia Luczak-Rougeaux

13 avril 20163 min de lecture

DSTI
© Archives Travolution

Avec l’arrivée du Big Data et la prise de conscience progressive des entreprises sur son utilité, de nouveaux métiers sont nés : les data scientists ou data analysts, descendants des statisticiens et autres mathématiciens, nouveaux évangélistes du traitement de la donnée. Le Data Science Tech Institute forme ces nouveaux profils, si rares aujourd’hui et qui deviendront pourtant indispensables aux entreprises. Rencontre avec Léo Souquet, Directeur Général de l’institut.

leo-souquet-DG-relations-exterieures Léo Souquet, Directeur Général et Responsable Relations Extérieures de DSTI

Pourquoi avoir créé le Data Science Tech Institute ?

L’aventure a commencé lorsque mon associé et moi avons créé une SS2I dans le CRM. Nous avons rencontré alors une personne, José Massol, un ancien de chez Thales, qui avait beaucoup de connaissances dans les données. Nous avons alors pris conscience des possibilités technologiques grâce à la data. Les données existent depuis toujours, les compagnies aériennes font de la data science depuis longtemps par exemple, mais il y avait quelque chose d’industriellement nouveau. Nous avons donc décidé de créer l’institut en 2015 avec la volonté de proposer des formations adaptées à chaque secteur d'activités. L’analyse de données peut s’appliquer à tous les secteurs, mais il est important d’avoir des connaissances spécifiques pour chacun d’entre eux. C’est pourquoi nos formations allient à la fois un segment informatique scientifique et technique, un segment business et un segment juridique. Notre volonté est de faire la jonction entre une école d’ingénieurs et une école de commerce pour former des data scientists au sens médiatique du terme. Peu d’écoles proposent ce genre de formation aujourd’hui, bien souvent il ne s’agit que de re-branding. Nous avons un campus à Paris et à Sophia Antipolis. La création de DSTI est aussi la réponse à un marché en pénurie. Aujourd’hui pour ces profils, il y a deux fois plus d’offres d’emplois que de candidats. Les entreprises se les arrachent. Du coup, certaines personnes en profitent et s’auto-proclament data scientists parce qu’elles ont des connaissances dans les statistiques par exemple. C’est pourquoi nous voulons former des personnes en plus grand nombre et réellement qualifiées.

Les entreprises doivent-elles avoir un data scientist ?

Tout dépend de leur taille. Pour les grandes entreprises bien établies, il est judicieux d’avoir une personne capable de collecter et d’analyser les données qui n’ont pas été exploitées pendant des années. En revanche, un data scientist est moins primordial pour les petites entreprises, à condition qu’elles soient sensibilisées et qu’elles soient capables de structurer leurs données dès le début. Si elles se développent ensuite et qu’il faut faire appel à un spécialiste de la donnée, il pourra faire son travail correctement.

Et les entreprises du Tourisme ?

Il est délicat de passer à côté, surtout que dans ce secteur on a affaire aux individus. La force d’une agence de voyage est la connaissance du client, c’est un point clé dans le Tourisme. C’est assez simple, si les acteurs du Tourisme ne se servent pas des données, ils se feront doubler par ceux qui les utilisent. Encore une fois, les compagnies aériennes ont compris l’intérêt d’utiliser la data. Elles savent très bien lorsqu’un internaute est déjà venu consulter les prix sur leurs sites pour les augmenter par la suite. Il y a plein de choses que l’on pourrait faire dans le Tourisme, comme anticiper les problèmes dans des pays pour mettre en avant d’autres destinations et avoir moins d’impact sur le volume de ventes par exemple. Les entreprises qui feront des partenariats entre elles pour mettre en commun leurs informations auront également une longueur d’avance sur les autres. Il est vrai qu’en France, il y a un complexe tel avec le partage de données que ce n’est pas près d’arriver. Il faut attendre que les réglementations évoluent. En attendant, il y a beaucoup de choses intéressantes à prendre du côté des données ouvertes.

Photo d'ouverture : Fotolia - Marek

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