
Hub One, une filiale d’Aéroports de Paris, est un groupe de services en technologies de l’information et de communication en environnements professionnels. Du réseau télécom aux bornes Wi-Fi en passant par les trieurs bagages fonctionnant notamment avec des puces RFID, la société fondée en 2001 sous le nom d’ADP Télécom fournit la couche technologique indispensable aux grands aéroports français, mais pas seulement. TOM est allé dans les coulisses de l’aéroport Charles de Gaulle pour en savoir plus sur son rôle et ses réalisations concrètes.
Si la marque Hub One n’est pas très connue, c’est qu’elle porte ce nom depuis 2012 seulement. Son histoire, elle, remonte à plus de 15 ans. En 2001, Aéroports de Paris crée un spin-off des activités télécoms : ADP Télécom qui s’adresse essentiellement aux entreprises des plates-formes aéroportuaires parisiennes. En 2005, la société est rebaptisée Hub Télécom. Quelques années plus tard, en 2009, Hub Télécom devient opérateur télécom à l’échelle nationale en lançant une offre de téléphonie sur IP via un réseau de vente directe. En 2012, elle devient Hub One et s’impose comme un des leaders de la traçabilité et de la mobilité professionnelle, notamment grâce à l’acquisition de Nomadvance, spécialisée dans ces deux domaines. Elle opère aujourd’hui dans les aéroports de Roissy, Orly, celui du Bourget, mais aussi à Genève ou Amsterdam. Le monde de l’aérien n’est pas son seul domaine de prédilection : Hub One travaille aussi pour des entrepôts, des magasins et des travailleurs itinérants. Une grande partie de son chiffre d’affaires se fait d’ailleurs en dehors de l’aérien. En 2015, la société comptabilisait 430 collaborateurs et 4500 clients. Récemment, la société a signé avec Feu Vert pour assurer l’installation d’une infrastructure Wi-Fi pour les collaborateurs et avec Optic 2000 pour mettre en place une technologie vocale pour les préparateurs de commandes.
La traçabilité grâce au RFID
L’une des grandes missions de Hub One à Roissy est d’assurer le bon tri des bagages. Pour cela, elle utilise notamment la technologie RFID (Radio Fréquence Identification) qui se matérialise tout simplement sous la forme d'étiquettes radio intégrées (aussi appelées tags RFID) que l’on vient scanner avec des appareils spécifiques. Ces tags RFID sont placés sur les chariots contenant les valises, ce qui permet de les tracer plus efficacement grâce à leur portée allant jusqu’à une dizaine de mètres. En revanche, pour identifier chaque valise, c’est toujours le code barre qui est utilisé sur l’étiquette. « Le tag RFID est intéressant car il peut être reprogrammé pour chaque voyage. Plus besoin d’imprimer une nouvelle étiquette à chaque fois sur sa valise. Le souci, c’est qu’un tag coûte 8 centimes d’euros et la grande question c’est ‘Qui va le payer ?’ Il n’y a pas encore de modèle économique aujourd’hui pour que ce système soit installé, c’est pourquoi nous utilisons toujours les codes barres », explique Stanislas de Cordoue, directeur marketing division Mobility chez Hub One. La technologie est néanmoins proposée aux voyageurs fréquents qui peuvent recevoir un message sur leur smartphone leur indiquant que leur valise arrive dans 2 minutes.
Des conteneurs bagages équipés du RFID
Dans « la cathédrale », le très grand trieur bagages du Terminal 2 surnommé ainsi pour sa hauteur de plafond, les bagages passent et repassent à travers des machines à rayons X pour s’assurer qu’aucun objet interdit ne s’y trouve. Si un objet dangereux est repéré, il est aiguillé hors du circuit. Si des cigarettes ou de l’alcool sont repérés, une photo du contenu de la valise est prise et est directement envoyée aux douanes du pays destinataire. La technologie RFID permet aussi d’assurer leur traçabilité dans cet espace où les valises montent et descendent, comme sur des montages russes.
Assurer la connectivité grâce au Wi-Fi
Une borne Wi-Fi outdoor
Une autre grande mission de Hub One est d’assurer l’accès au Wi-Fi, que ce soit pour toutes les personnes travaillant à l’aéroport ou pour les voyageurs. Des antennes Wi-Fi outdoor ont donc été installées pour permettre aux personnes travaillant sous l’avion d’envoyer des informations rapidement. « Les avions ne restent pas longtemps au sol donc il faut que ça aille vite », nous informe Martial Delpuech, Directeur de la communication externe et du marketing opérationnel chez Hub One. Cela peut paraître anodin, mais l’installation de bornes en extérieur n’est pas si simple car la portée doit être suffisamment puissante pour que cela fonctionne.
Pour les passagers, des bornes intérieures ont été installées depuis 10 ans. Elles se multiplient au fur et à mesure pour assurer une meilleure couverture. L’accès est gratuit et fonctionne sur un modèle freemium. Le service propose aussi une offre payante à 19,90€ qui permet, une fois arrivée à l’étranger, d’accéder à Internet via quelques hotspots partenaires jusqu’à 5 devices. Les passagers peuvent également souscrire à l’offre premium qui permet d’avoir un débit dix fois plus rapide. S’ils le souhaitent, des espaces multimédia sont mis à disposition. L’accès Wi-Fi est financé en partie par la publicité et l'exploitation de la base commerciale.
Un espace multimédia en salle d'embarquement
Tout le support technique est assuré dans des locaux en marge des terminaux de l’aéroport où se trouvent le data center, leur propre centrale électrique, les systèmes de refroidissement ainsi que l’installation télécom qui fonctionne de la même manière depuis 40 ans mais qui tend à se virtualiser.
Les projets d’Hub One
La force de Hub One réside dans son double secteur d’activités : l’aéroport est un très bon laboratoire pour proposer de nouveaux services au monde de la distribution et le monde de la distribution l’inspire pour proposer de nouveaux services dans l’aéroport. « Chaque année, il y a entre 3 et 5% de voyageurs de plus que l’année précédente. L’aéroport Charles de Gaulle s’est agrandi et il continuera de croître. C’est pourquoi nous cherchons à apporter le meilleur du numérique dans l’aéroport, pour optimiser les flux et proposer une bonne expérience client », explique Patrice Bélie, Directeur Général de Hub One avant d’ajouter : « Pour être bon dans le secteur de l’aérien, il faut l’être également hors du secteur ».
La société est en train de réfléchir à l’implantation d’objets connectés dans l’aéroport grâce à la technologie LoRa, un réseau de communication à bas débit fonctionnant par radio dédié aux objets connectés. Des capteurs pourraient être placés sur des conteneurs bagages, des fauteuils handicapés ou tout simplement des trousses à outils afin de ne plus perdre de temps à les retrouver. D’autres pourraient également mesurer la qualité de l’air. « Un aéroport, c’est comme une smart city », déclare Patrice Bélie. C’est pourquoi la société déploie des solutions pour que ce monde complexe et interconnecté fonctionne pour le mieux en aidant les collaborateurs à faire leur travail. « Notre but à nous n’est pas d’inventer, mais de concrétiser les projets de chacun », conclut le Directeur Général.