Serge Pilicer crée le 1er Forum International du Tourisme du Futur

Le château médiéval de Vixouze, situé dans le Cantal, va être le théâtre d’un événement exceptionnel les 19 et 20 mai prochains.

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Guillaume Poulain

1 avril 20165 min de lecture

Serge_Pilicer
© Archives Travolution

Le château médiéval de Vixouze, situé dans le Cantal, va être le théâtre d’un événement exceptionnel les 19 et 20 mai prochains. Les Entretiens de Vixouze, placés sous le Haut patronage du ministère des Affaires Etrangères, vont réunir entre 200 et 300 dirigeants et une trentaine d’intervenants de renom pour imaginer les différentes formes que prendront « les tourismes » d’ici 30 à 50 ans. Pas moins. Rencontre avec Serge Pilicer, serial entrepreneur dans l’événementiel et le Numérique et organisateur de cette première plateforme prospective de réflexion.

Serge_Pilicer_Entretiens_de_Vixouze Serge Pilicer, organisateur des Entretiens de Vixouze

Vous organisez un événement très ambitieux pour le Tourisme. Quel est votre parcours ?

Issu d’études scientifiques et entrepreneur depuis 30 ans, j’ai créé de nombreuses actions dans le monde du Numérique. La première partie de ma vie professionnelle a été consacrée à l’organisation d’événements publics-privé dans le Digital. En France, j’ai créé les plus grands forums qui traitaient du Numérique et de l’entreprise ainsi que du Numérique et du secteur public  tels queLa Conférence de Paris, le forum Ruralitic, les Assises du Numérique, Le Printemps Numérique sur les usages émergents… J’ai aussi créé des forums très spécifiques comme celui consacré au très haut-débit intitulé Etats Généraux des RIP à Deauville, un sujet important à l’époque tant l’impact économique était important pour les entreprises et les territoires.Il y a 3 ans, j’ai cédé la totalité de mes forums et fait l’acquisition du château de Vixouze.

Que comptez-vous créer au sein de ce château ?

J’ai défini dans ce château un nouveau projet de vie puisque je souhaite en faire le lieu le plus exemplaire en matière d’innovation digitale et très connectée. En faisant le grand écart entre les 1 000 ans du château et les 1 000 ans à venir, nous ferons de cet endroit une sorte de passerelle intemporelle. De cette réflexion globale, et après l’avoir soumise à la chose publique, est issu le projet des Entretiens de Vixouze. La France est la première destination touristique au monde. Elle est donc légitime pour porter et accompagner un événement majeur sur les différents tourismes que l’on va pouvoir créer, consommer et vivre dans les 30 à 50 ans à venir.

Vous créez donc une sorte de Davos du Tourisme ?

C’est en effet un peu l’idée. Il s’agira d’un événement annuel qui, au fil du temps, deviendra une plateforme mondiale qui regroupera l’expertise d’anthropologues, de sociologues, d’économistes, de philosophes, d’élus… Tous devront obligatoirement se projeter afin d’imaginer la manière dont les territoires auraient intérêt à évoluer dans le futur. Les industriels seront également invités à se projeter pour imaginer des scenarios, même les plus improbables, pour savoir comment ils devront proposer leurs solutions et leurs produits dans 30 ans. Ces réflexions sont fondamentales car certains acteurs du Tourisme disparaitront par manque de vision, sans même sans rendre compte. Nous allons donc esquisser et analyser de nouveaux paradigmes et répondre à des questions telles que  'Qu’allons-nous voir émerger demain ? ', 'Les entreprises souhaitant se réinventer doivent-elles repartir de zéro ou imaginer d’autres scénarios ?', 'Est-ce que celui qui vend des voitures aujourd’hui ne vendra pas des données, demain ? ', etc. Nous aborderons donc des sujets comme l’énergie, la santé, le bien-être, le slow tourisme. Ce think tank dont l’ambition est d’être mondial va réunir des hommes et des femmes pour imaginer les concepts qui pourraient voir le jour. Dans leur quotidien, d’ici 50 ans, les participants auront les connaissances requises pour avancer.

L’avenir du Tourisme est souvent abordé lors des événements professionnels. Votre différence réside dans votre volonté de vous projeter loin ?

Aujourd’hui, l’innovation est présentée dans la plupart des colloques comme un prétexte à la modernité. Il ne suffit pas de faire croire que l’innovation ou la prospective doivent t être intégrées, il faut structurellement le mettre en place dans chacune des gouvernances. Nous avons vocation à déstructurer le cheminement mental de nos décideurs du Tourisme et de l’écosystème pour imaginer les transformations et mutations. Autrement dit, que les décideurs qui souhaitent se projeter à 5 ans doivent s’abstenir de venir : ils n’auront rien à apporterau dispositif. Nous sommes résolument dans la rupture.

Avec un positionnement si exceptionnel, quels profils attendez-vous ?

Nous accueillerons des présidents, des directeurs généraux, des directeurs de la stratégie, des marques et de l’innovation, des directeurs des affaires institutionnelles, de la communication et du marketing. Il y aura également des élus de collectivités territoriales et locales, des directeurs de grands offices de tourisme, CRT et CDT et tous ceux qui ont une influence structurante sur l’évolution du territoire. En réunissant ces acteurs et les intervenants, on va permettre à des personnes qui n’ont pas l’habitude de travailler ensemble car subissant un système très cloisonné d’échanger.

Vous dîtes que certains acteurs meurent sans le savoir. A qui faites-vous référence?

Il ne suffit pas d’acheter un concurrent ou d’acheter des murs pour évoluer : celui qui fait ça s’enterre. Les acteurs de l’hébergement pourraient être les principaux touchés  par les modèles économiques à venir tant que la gestion du foncier sera détachée des services inter-actifs et de la gestion dynamique de l’open data. L’actif immobilier sera d’autant plus important que la chute sera rapide. Celui qui, sans foncier, retiendra le client et maîtrisera la donnée et le profilage sera le gagnant des 30 prochaines années. Je ne dis pas que les grands groupes hôteliers vont disparaître, mais certains changeront certainement de métier.

D’autres acteurs émergent déjà et vont forcer certaines entreprises à muter. Les loueurs de voitures, par exemple, passeront vraisemblablement à la location en partage. De même, je pense que des sociétés comme Blablacar existeront différemment dans 5 ans, du moins par leur modèle économique actuel. Avec le Numérique, le législateur va imposer de nouvelles règles et normes de sécurité. Celui qui mettra à disposition des parcs de voitures sans chauffeur sortira gagnant. De même, dans l’aérien, on peut imaginer que la maîtrise de l’énergie permette d’aller plus loin de manière plus sûre et plus propre. Mais la clé résidera dans la virtualisation qui permettra d’être quelque part sans y être physiquement !

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