Selon le média Bloomberg, Alphabet, la maison-mère de Google, souhaiterait se séparer de Boston Dynamics, l’une des sociétés les plus en avance en matière de robotique. Deux ans après son rachat pour 441 millions d’euros, deux raisons semblent justifier une telle décision : une rentabilité trop faible à court terme et une réponse aux multiples critiques de ses projets.
À l’origine, Boston Dynamics est une société américaine privée créée en 1992 par le Dr. Marc Raibert, ingénieur au MIT (Massachusetts Institute of Technology) de Boston. Implantée en périphérie, à Waltham, elle a développé de nombreux robots comme le BigDog, quadripède fabriqué pour l’armée américaine, le « guépard » Cheetah ou encore, l'androïde Atlas. En 2013 et suite à l'arrivée d'Andy Rubin, un des fondateurs du système d’exploitation d’Android, à la tête de la division robotique du célèbre moteur de recherche, Google rachète Boston Dynamics.
Un enthousiasme désabusé
Même si les vidéos de la société robotique cumulent plusieurs millions de vues sur Youtube, selon le média américain Bloomberg, la société Boston Dynamics ne serait pas assez rentable aux yeux des actionnaires de Google. En cause, les produits développés ne seraient pas commercialisables dans l’immédiat et nécessiteraient encore plusieurs années de recherche et de développement. Or, les actionnaires du géant du web recherchent une rentabilité à court terme : le coût important et la rentabilité incertaine, en tête, déplaisent. Alphabet, la maison-mère de Google, a d'ailleurs récemment connu une réorganisation avec la nomination d'une nouvelle directrice financière venant de la banque Morgan Stanley : Ruth Porat. Autre fait, la division robotique interne de Google, appelée Replicant, vient d'être rattachée à la filiale de Google X, dédiée aux projets ambitieux d'Alphabet, mais non la société Boston Dynamics. Le géant de Mountain View abandonnerait donc Boston Dynamics, mais pas la robotique pour autant. Connaissant Google, les projets de sa propre filiale sont sûrement très ambitieux...
Boston Dynamics se voit également reprocher l’orientation de ses recherches. Les récentes vidéos de ses robots suscitent de nombreux commentaires enthousiastes... Mais aussi des réactions hostiles. Sans communication officielle, Google souhaiterait ainsi s'éviter toute mauvaise critique. Dans l'idée de son slogan informel « Don't be evil », le géant semble faire marche arrière en ce qui concerne ses recherches dans la robotique. Ce qui est paradoxal, quant on sait que Toyota et Amazon, ses deux concurrents indirects par rapport à la Google Car ou son "Project Wing", se sont dit intéressés par le rachat de cette société.
Voici la dernière publication de Boston Dynamics :