AirRefund : le service d’indemnisation spécialisé dans le business travel

La société AirRefund propose d’indemniser les voyageurs lorsque leur vol connaît un retard ou une annulation.

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Julia Luczak-Rougeaux

22 mars 20164 min de lecture

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© Archives Travolution

La société AirRefund propose d’indemniser les voyageurs lorsque leur vol connaît un retard ou une annulation. Si elle s’est lancée un peu plus tard que ses nombreux concurrents, elle compte se démarquer grâce à sa spécialisation dans le voyage d’affaires et ses nombreux partenariats, notamment dans le milieu associatif.

Ces derniers temps, beaucoup de startups et jeunes entreprises investissent le secteur aérien et se retrouvent sur le même segment. C’est le cas des services qui proposent de payer son billet moins cher en mettant une option ou en faisant de la prédiction. C’est le cas d’Option Way, Options Away, Hellotrip, Algofly ou encore FLYR. Nombreuses sociétés ont aussi décidé de se lancer dans l’indemnisation des voyageurs aériens. Pour n’en citer que quelques uns : Air Indemnité, FairFly, Air Help et bien sûr AirRefund. Difficile donc de se démarquer face à tous ces concurrents. Si Air Indemnité affirme que sa force est notamment son ancienneté, AirRefund, créé quelques années plus tard, entend tout de même tirer son épingle du jeu grâce à d’autres spécificités.

Des connaissances dans le voyage d’affaires

La startup AirRefund a officiellement été lancée en 2014 et s’est très vite spécialisée dans le business travel, un secteur peu exploité par ses concurrents. « Le fait d’être plus jeune est un atout, car nous avons appris des erreurs des autres », déclare Thomas Benita, CEO d’AirRefund. Sur le fond, le principe est le même : la plateforme permet d’indemniser les voyageurs dont le vol est retardé d’au moins 3 heures ou annulé à moins de 14 jours du départ ou si le voyageur est refusé à l‘embarquement à cause d’un surbooking. Cela fonctionne pour un vol au départ de l’Europe ou vers l’Europe, comme le stipule le Règlement Européen n°261/2004. Pour en profiter, le voyageur rempli un formulaire sur le site et la société s’occupe de tout, jusqu’au passage devant les tribunaux (elle engage elle-même des avocats) si la compagnie aérienne refuse d’indemniser le passager tout de suite. En cas de succès uniquement, AirRefund prend une commission de 20% sur l’indemnité  globale  obtenue  au  titre  de  compensation  du préjudice ainsi que 35 euros de frais de dossier.

Thomas Benita Thomas Benita, CEO d'AirRefund

Là où la jeune pousse se démarque, c’est dans sa connaissance du voyage d’affaires. Aujourd’hui, 75% de ses clients sont issus du secteur du business travel. La sécurisation des données est donc une priorité, d’où leur stockage en Europe. Pour savoir si un voyageur est concerné par un retard ou une annulation et ainsi prévenir l’agence de voyage et le collaborateur sur place, AirRefund croise les données des TMC (Travel Management Company) et d’autres millions de data sur les perturbations qu’elle achète à des fournisseurs. Elle est donc pro-active et n’attend pas que le voyageur fasse une réclamation. Dans le cadre d’un voyage professionnel, il y a une petite chose à noter qui n’est pas négligeable : l’indemnisation ne revient pas à l’agence de voyage qui a acheté le billet, mais au voyageur lui-même car la loi estime que c’est lui qui a vécu le stress des perturbations. AirRefund a donc prévu plusieurs cas de figure : le voyageur d’affaires peut décider de reverser cette somme a une association partenaire, comme Médecins Sans Frontières ou encore Imagine For Margo (également soutenue par MisterFly). « 15% des voyageurs choisissent de faire un don. Cela permet à la fois de défendre une cause qui leur tient à cœur et de bénéficier d’avantages fiscaux », explique Thomas Benita. L’entreprise peut aussi décider qu’une partie de cette somme lui est due et peut passer un accord avec la jeune pousse pour recevoir une commission sur la somme totale. Sinon, le voyageur d'affaires peut aussi très bien garder l'argent pour lui.

Des ambitions dans le loisir

Si le voyage d’affaires représente une grande partie de ses clients aujourd’hui, cela devrait évoluer dans les mois qui viennent, notamment grâce au bouche à oreille et à ses partenariats avec des agences de voyage. D’ici la fin de l’année la société prévoit un équilibre et le ratio loisirs/business devrait être autour de 50/50. Certaines agences de voyage grand public restent encore réticentes à proposer AirRefund à leurs clients de peur de ne plus profiter des privilèges accordés par les compagnies aériennes. Certaines agences préfèrent donc gérer ce genre de problèmes seules. Pourtant, les voyageurs commencent à connaître ce genre de service et préféreraient que les agences s’en occupent pour eux, plutôt que de devoir le faire eux-mêmes. C’est donc une valeur ajoutée pour celles qui le proposent. De leur côté, les compagnies aériennes ne sont toujours pas favorables à collaborer. « Elles jouent la politique de l'autruche et refusent de travailler avec nous », commente le CEO d'AirRefund.

Dernièrement, la société a signé un partenariat avec Visa et facilite donc encore plus l’accès à ses services. Elle ne compte pas s’arrêter là et prévoit de signer d’autres partenariats avec des acteurs non issus du Tourisme pour continuer son expansion. Implantée en France, en Suisse, à Barcelone (vous l’avez aperçu dans le reportage sur le Business Travel Lab de 3mundi ici), elle compte bientôt ouvrir des bureaux à Francfort et New-York.

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