Le plus grand salon mondial dédié au tourisme, l'IBT Berlin, s'est terminé samedi dernier après un peu moins d'une semaine d'échanges. Les acteurs du Tourisme y ont présenté leurs dernières nouveautés et innovations. Parmi les plus intéressantes, Toshiba a dévoilé en excusivité la troisième version de sa gamme d'androïdes Chihira : Kanae.
Difficile de passer à côté sans y prêter attention, une femme se tient stoïque derrière un stand d'information. Une femme ? L'apparence est en réalité trompeuse : il s'agit d'un androïde, soit un robot construit à l'image d'un être humain.
Pour vous servir
Dévoilé pour l'occasion, le dernier robot de Toshiba salue, répond et guide les visiteurs aux travers des stands des quelques 180 pays et régions réprésents sur le salon. Pour le fabricant japonais, il s'agit de la troisième génération de ses robots Chihira, initiés en 2014, après les précédents Chihira Aico et Junk. L'évènement est l'occasion de prouver au secteur les attraits d'un tel robot, tout en convainquant un marché jusque-là désintéressé. A l'inverse, l'Asie l'a déjà adopté. Le magasin tokyoïte Mitsukoshi utilise, par exemple, l'androïde Chihira Aico comme hôtesse d'accueil.
Quels intérêts ?
Le nouveau androïde de la firme japonaise parle plusieurs langues (allemand, anglais, chinois et japonais) et aussi, le language des signes. Un ensemble hérité de ces prédecesseurs mais et dont les améliorations sont surtout physiques. Une meilleure gestion de la pression de l'air a permis d'améliorer les capacités motrices de l'androïde : les mouvements et mimiques de Chihira Kanae gagnent ainsi en fluidité. Le but semble toujours de parfaire l'illusion d'un double humain.
Comme le rapporte la BBC, pour Hitoshi Tokuda, spécialiste en chef au sein de la division Recherche et Développement de Toshiba. « Nous avons créé Chihira Kanae afin d'avoir une apparence plus humaine, particulièrement pour les personnes agées, lesquels préfèrent un physique réaliste pour être plus accueillant et assimilable. » En plus d'avoir un intérêt pour les industries du tourisme et des services, ce dernier espère également conquérir le secteur médical. Mais parfaire la ressemblance des androïdes n'est pas un point partagé par tous les professionnels.
Des études démontrent qu'en termes d'approche, les Japonais souhaitent des robots toujours plus aboutis et indiscernables des humains (soient les androïdes), alors que les Etats-Unis et l'Occident en général, souhaitent savoir si ce qui leur fait face est un robot ou non.
Quelle barrière à son adoption ?
Si beaucoup de gens ressentent une impression inconfortable au fait d'être en contact avec un robot ayant une apparence humaine, cela s'explique. Le roboticien Masahiro Mori appele cela la "Vallée dérangeante" . La théorie émise en 1970 démontre que plus un robot androïde est similaire à un être humain, plus ses imperfections nous paraissent "dérangeantes", à moins de dépasser un certain stade d'imitation. Car si Toshiba fait le choix de l'imitation avec robots, il leur faudra encore prouver de nombreuses choses.
Le salon de l'IBT accueillait également un autre robot : Mario. Fabriqué par le français Aldebaran Robotics, il donne un autre aperçu de la robotique. Ce dernier est déjà utilisé dans le Tourisme comme avec l'hôtel Marriott de Gant et, depuis peu, avec Hilton. Avec le même objectif, Airline KLM teste actuellement un robot guide Spencer de BlueBotics aidant les passagers à trouver leurs destinations dans l’aéroport d’Amsterdam Schipol, un des plus grands d'Europe. La guerre des robots est donc en marche...
Photographie d'ouverture : Fotolia - Charles Taylor