Lors du dernier Mobile World Congress (MWC) qui a eu lieu du 22 au 25 février derniers, la réalité virtuelle a monopolisé une grande partie des attentions. Pourtant, une révolution plus silencieuse mais tout aussi importante, est en phase de déploiement : la 5G. Les équipementiers et opérateurs télécoms estiment que son déploiement commercial devrait arriver pour 2020, après quelques initiatives locales. Ce qui pourrait en découler dépasse le simple cadre de la téléphonie mobile...
Alors même que la 4G, développée il y a environ cinq ans, n’est pas totalement déployée, sa future évolution fait déjà parler d’elle. Car si la quatrième génération de transmissions de données pour les télécommunications a permis la naissance du « très haut débit mobile », la suivante amorce de multiples changements cruciaux.
Quelques millisecondes pour télécharger un film
En théorie, la 5G se définit par des débits de plusieurs gigabits par seconde (contre une centaine de mégabits par seconde pour la 4G actuelle). Outre le fait de pouvoir télécharger un film en quelques secondes (et encore), sa faible latence ou "instantanéité" (de l’ordre de quelques millisecondes) va permettre d’optimiser les liaisons et le pilotage des objets connectés. Les voitures, les robots de services ou un grand nombre d’appareils connectés pourront interagir simultanément avec toujours davantage de rapidité : les temps de réponses extrêmement courts autoriseront son utilisation dans des domaines variés. Par exemple, la téléchirurgie (fait d'opérer à distance) et la domotique (gestion du chauffage, volet, alarme...) devront connaître un essor important. Tout comme la réalité virtuelle, le cloud et le streaming-live sur les réseaux sociaux ou autres. L'écosystème du réseau dépassera alors ce que l'on a toujours connu, son utilisation dans le cadre de la téléphonie mobile, pour un usage avec l'IoT (Internet of Things). L'argument prévaut également en termes d'économie d'énergie.
Un argument économique et écologique
Les points de friction entre le consommateur et l'Internet des objets vont s'amoindrir. En s'adaptant, les gains seront économiques et écologiques : quitter une pièce suffira à éteindre la lumière, la consommation d'énergie sera optimisée pour son arrivée, etc. Mais aussi la 5G va accroître le développement des "smart grids" ou l'intégration des énergies renouvelables avec le développement de nouveaux usages tels que le véhicule électrique. Les voitures connectées et autopilotées comme la Google Car ou encore les drones devront ainsi se développer à grande échelle.
Pour l'heure, l'Asie compte être l'une des premières régions à la déployer, notamment à l'occasion des Jeux Olympiques d'hiver de Pyeongchang en 2018, un test grandeur nature en Corée du Sud.
Une connexion intelligente
En résumé et à l'inverse des générations précédentes, la 5G connecte tous les appareils qui peuvent l'être. La technologie est capable de déterminer le type de spectre et de protocole à utiliser en fonction des besoins. Le débit est donc ajusté avec intelligence, face à la demande continue ou momentanée, pour y répondre le mieux possible : le réseau saura faire la différence entre un utilisateur souhaitant regardant une vidéo en streaming et un chauffage en domotique. Il pourra donc envoyer plus de débit vers l'utilisateur lorsqu'il en aura besoin et réduire le débit d'autres appareils inutilisés.
Voici une infographie de la Commission européenne, mis en ligne il y a presque une année, dévoilant l’avenir (et ses antécédents) d’une telle technologie :

Photo d'ouverture : Fotolia - Julien Eichinger