L'apparition des Robot'Lib n'est pas loin

En 1965 le MIT crée un dispositif de visualisation virtuel, The Ultimate Display : une chaise mouvante et un casque doté de capteurs ultrasoniques…

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Sophie Lacour

2 mars 20164 min de lecture

marriott_teleporter
© Archives Travolution

En 1965 le MIT crée un dispositif de visualisation virtuel, The Ultimate Display : une chaise mouvante et un casque doté de capteurs ultrasoniques, stéréoscopiques et d’écrans cathodiques recouvrant chaque œil. C’est l’ancêtre du casque virtuel comme l’Oculus Rift, un dispositif qui permet de vivre une expérience immersive intéressante. Grâce à un casque occultant, l’utilisateur est plongé dans une réalité dite virtuelle.

The Ultimate Display, l'ancêtre de l'Oculus The Ultimate Display, l'ancêtre de l'Oculus

Ce dispositif permet d’avoir une expérience immersive intéressante pour le tourisme.

Par exemple, on peut proposer aux clients de découvrir leur future destination grâce à la réalité virtuelle. En 2015 Thomas Cook a équipé ses agences de casques Oculus Rift. Certains produits peuvent y être « testés » de manière virtuelle : Manhattan en hélicoptère, Times Square en taxi, la Statue de la Liberté en bateau. Le TO propose aussi la visite des chambres d'hôtels, des piscines ou des restaurants. De son côté, la chaîne Mariott propose une lune de miel virtuelle sur les plages d’Hawaï avec son système The Teleporter. Vous chaussez un Oculus et vous rentrez dans une petite cabine avec un plancher mouvant et un brumisateur. De la ballade en bateau à la rencontre des lions de mer de l’office de tourisme de Colombie Britannique, à la poursuite des canards sur le lac d’Enghien du Conseil régional du Val-d’Oise, tout est possible.

Jusqu’à présent l’image était filmée à l’avance. Mais maintenant les images peuvent être en direct. En mars 2015, Zuckerberg a fait “visiter” à distance et en direct le siège social de Facebook, en associant un casque et une vidéo à 360° filmée en direct. Il a d'ailleurs appelé son dispositif la “cabine de téléportation”.

Des robots pour plus d'interaction

Mais il existe une autre solution qui permet la téléportation, c’est de se déplacer par robots interposés grâce aux robots de téléprésence.

C’est utile quand on ne peut pas se déplacer pour une réunion ou un salon par exemple. Dans le Tourisme, certains font visiter des musées ou des expositions. Que ce soit la nuit avec l’expérience After Dark de la Tate Gallery à Londres en 2014, ou pour pallier les difficultés d'accès à certains publics, comme Norio au château d’Oiron qui permet, depuis 2 ans, de faire visiter le premier étage à des personnes à mobilité réduite.

Maintenant, en mêlant ces deux technologies ont peut arriver à quelque chose de nouveau.

Fin avril 2015 est née DORA (Dexterous Observational Roving Automaton), mis au point par des étudiants en robotique de l’Université de Pennsylvanie. Avec ce système, une personne munie d’un casque de réalité virtuelle peut diriger avec la tête un robot qui filme à distance. Cela permet pour le pilote/touriste d'obtenir des mouvements plus réalistes et c'est plus simple à manipuler que des manettes. De plus, le pilote dispose ainsi d’une vue subjective à "hauteur d'homme" totalement immersive.

Plus interagissant : SAMI. Créé par le CRIIF au Robot Lab, SAMI est un robot qui a un torse, des bras et des mains qui s’articulent comme celles des humains, le tout sur une base mobile avec des roues. SAMI se contrôle à distance via des contrôleurs immersifs. Quand le pilote humain bouge les bras, le mouvement est reconnu par un capteur de type Kinect 2 et reproduit par le bras robotisé. Quant à la tête, elle est pilotée par un casque Oculus Rift. SAMI dispose également de capteurs 3D pour prendre en compte son environnement et se déplacer de manière autonome.

Concernant le tourisme, ces interfaces robotiques équipées de ce type de contrôle, casques immersifs + bras + roues, permettent une interaction à distance très intuitive et réellement immersive. On peut dès lors imaginer une multitude d'applications comme celui du "Rover lunaire", par exemple, imaginé pour pouvoir rendre accessible au grand public l’exploration de la Lune (université Carnegie Mellon, USA).

Après le Vélib', le Robot'Lib

Le développement de ces technologies me permet de faire une projection à court terme. Nous allons voir apparaître des robots avatars en libre service comme un Vélib'. Il y aura sur place dans des stations touristiques des robots qui seront parqués dans des petits abris. On les téléguidera de chez soi, en payant par carte bleue (ou autre bitcoin) pour louer la machine. Puis, on partira en exploration par le biais de son avatar avec son casque qui permettra de bouger dans tous les sens.

C'est une technologie très intéressante pour des lieux inaccessibles. Mais aussi très utile pour permettre des visites en dehors des heures d'ouverture ou bien encore pour les personnes en situation de handicap. Cependant, les applications de cette technologie deviendront vite indispensables pour les lieux touristiques, aussi bien culturel, comme des châteaux ou des musées, que dans des paysages remarquables, difficilement accessibles ou hors saison.

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