LBP Pay : la voix comme nouveau moyen de paiement

La CNIL, Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés, vient de donner son aval pour l’usage de la reconnaissance vocale dans le paiement à distance…

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Mathieu Joly

1 mars 20163 min de lecture

LaBanquePostale_Pay
© Archives Travolution

La CNIL, Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés, vient de donner son aval pour l’usage de la reconnaissance vocale dans le paiement à distance auprès de la Banque Postale. La filiale bancaire de La Poste sera la première à lancer une solution de ce type, dès l’été 2016, avec son dispositif : LBP Pay .

L’essor du commerce en ligne a fait exploser les fraudes au paiement sur internet, notamment vis-à-vis de la carte bancaire. Pour éviter les mésaventures, de nombreuses solutions alternatives ont vu le jour ces dernier temps. Le moyen d’authentification utilisant la voix comme mot de passe pour ses achats en ligne est le dernier en date.

Une solution one-click et universelle pour un parcours d’achat optimisé

Talk to Pay,  filiale de PW Consultants (cabinet de conseil  spécialisé dans l'ingénierie des moyens de paiement), a développé une solution « one-click » (le client enregistre ses données bancaires directement sur le site marchand) et universelle (multiplateforme) fondée sur la reconnaissance vocale, en partenariat avec l’Institut Mines Telecom. Le dispositif d’authentification permet de régler ses achats à distance via de nombreuses plateformes (de types T2P : Technology Transfer Program) et/ou navigateurs (via des extensions).

Talk to Pay utilise une combinaison de biométrie vocale et une identification unique par code : lors d’un paiement à distance, le client reçoit un appel automatique sur son téléphone mobile, prononce une phrase d’authentification et déclenche le remplissage automatique du formulaire de paiement par carte bancaire en générant un cryptogramme aléatoire. Le service permet ainsi de diminuer les risques d’utilisation frauduleuse de la carte suite à une perte ou à un vol, son cryptogramme visuel étant désactivé et le cryptogramme dynamique devant être généré après authentification du porteur légitime. Suite à cette première identification, le client reçoit alors un code unique depuis une application dédiée de la Banque Postale ou directement par SMS, pour finaliser son achat. Un ensemble diminuant les risques de « phishing », méthodes utilisées par des fraudeurs pour obtenir des renseignements personnels.Une technologie qui pourrait être utilisée par les acteurs du Tourisme qui sont souvent confrontés à la fraude, notamment à cause des paniers moyens élevés.

Un outil développé depuis plusieurs années

Depuis 2012, la Banque Postale travaille en collaboration avec la société Talk to Pay pour étendre cette solution à ses services : suite à une première phase d’expérimentation auprès de 650 collaborateurs et clients membres de son LAB Client, la fiabilité de la technologie biométrique et l’intérêt porté à ce service de paiement par les utilisateurs ont été validés. La solution a même reçu en juin 2015 l’agrément du GIE (Groupe d’Intérêt Economique) Cartes Bancaires. Ce nouveau service disponible dès cet été, s’intègre aux autres services de la Banque Postale, dans le Portefeuille Mes Paiements, qui contient déjà les solutions PayLib et 3D Secure, deux autres solutions de paiements.

Des moyens de paiement qui doivent faire leurs preuves

D’une manière générale, dans l’e-commerce, on estime que 30% des internautes peuvent quitter le site sans avoir finalisé l’achat et pour 59% d’entre eux, la raison est simple : le moyen de paiement préféré n’est pas proposé. La solution de la Banque Postale se propose comme une alternative aux autres moyens actuels, mais doit toutefois encore convaincre... Malgré sa prétention à offrir un parcours d'achat toujours plus optimisé.

D'autres nouvelles manières de payer ou d’authentifier un utilisateur doivent elles aussi trouver leur public. Le paiement via les smartphones et les wearables, comme le NFC, l’authentification par selfie ou par battements de cœur et les monnaies virtuelles commencent à s'implanter, mais ne sont pas adoptés par tous. Les utilisateurs profitent donc de toujours plus d'alternatives, à condition que les marchands se les accaparent.

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