Dans le cadre du Business Travel Show à Londres, un salon important dédié au voyage d’affaires, un autre évènement à l’étage supérieur a réuni sociétés technologiques et startups innovantes le 24 et 25 février : le Travel Technology Europe. L’occasion de discuter avec les pure players et acteurs plus traditionnels des mutations qu’entraînent les nouvelles technologies dans le secteur et des nouveaux défis qu’elles demandent à relever.
La première table ronde du salon Travel Technology Europe (TTE) réunissait plusieurs CTO (Chief Technology Officer) et CIO (Chief Information Officer) afin de connaître leurs plans d’actions quant à l’utilisation des nouvelles technologies en 2016. Chez Thomas Cook, elles permettront d’assurer une plus grande proximité avec le client. L’objectif est de le connaître parfaitement pour lui proposer le meilleur des parcours d’achat, de l’instant où il est inspiré au paiement. Pour cela, il s’agit de connecter tous les différents canaux entre eux (desktop, mobile, tablettes, etc.). Une stratégie similaire chez Hotels.com qui veut également proposer aux clients un choix aussi vaste que possible et atteindre un meilleur taux d’engagement grâce aux technologies. Du côté de Low Cost Holidays, une plateforme proposant des packages vols/hôtels, il s’agira surtout de faire face aux évolutions du secteur en suivant la cadence. Elle tentera donc d’intégrer de nouveaux produits et outils au site rapidement. « Tout va très vite et pour cela il faut très vite investir dans des technologies innovantes et abandonner celles qui n’ont pas fait leurs preuves », a déclaré Francesco de Marchis, CTO chez Low Cost Holidays. Pour la compagnie aérienne Norwegian AS, la technologie permettra d’améliorer la sécurité. D’autres services seront également mis en place, comme le Wi-Fi gratuit et des IFE (Inflight Entertainment), les écrans intégrés dans les sièges.
Les autres secteurs dont les pros du Tourisme peuvent s’inspirer
Selon Charlotte Lamp Davies, Vice President Travel and Hospitality Europe chez DataArt, le Tourisme a forcément à apprendre des autres secteurs d’activités. C’est pourquoi elle a demandé au panel des speakers quels étaient ceux qui les inspiraient le plus. Selon Dag Skage, Head of IT-technical operation chez Norwegian AS, le Retail est très lié au Tourisme, car les compagnies aériennes sont de plus en plus en train de devenir des distributeurs. Selon lui le milieu de la Banque est aussi intéressant à suivre car il a su se digitaliser. Pour Francesco de Marchis, les réseaux sociaux répondent vraiment aux nouvelles tendances et essaient sans cesse de nouveaux outils. Quant à la production de contenu et à la mise en avant d’un produit ou d’une idée, ce sont les médias dont il faut s’inspirer selon lui. Le Retail est aussi le secteur le plus intéressant pour Alan French Group IT Director chez Thomas Cook, dans lequel il a travaillé de nombreuses années : « Le retail inspire vraiment le public, il le divertit et crée tout une excitation autour d’un produit. Personne ne le fait très bien dans le Tourisme aujourd'hui », a-t-il expliqué.
Faut-il être Airbnb ou Uber pour être disruptif ?
Lorsque Charlotte Lamp Davies a demandé à l’assistance s’ils allaient lancer un produit disruptif (qui brise les conventions établies sur un marché) dans le courant 2016, personne n’a pu répondre par l’affirmative. Les participants ont été un plus bavards lorsqu’il s’agissait ensuite de donner leur avis sur Airbnb et Uber en tant que sociétés disruptives. Selon Alan French, si les deux entreprises sont intéressantes dans leur façon de modifier le secteur, la manière dont elles gagnent de l’argent peut être contestable. Francesco de Marchis pense lui qu’elles ont trouvé la recette de la perfection. Leur disruption n’est pas venue des technologies, mais de la façon dont elles ont choisi de répondre aux besoins des consommateurs. « Il faut l’avouer, au départ leur techno était pourrie », a-t-il plaisanté. Un succès à relativiser selon Dag Skage : « On ne sait pas encore si cette bulle va exploser ».
Quant à l’intégration de data scientists dans leurs équipes, tous les participants de la table ronde s’accordent à dire qu’ils sont importants, car la compréhension des données permet de répondre plus vite aux besoins des clients ou de répondre à des problématiques autour de la sécurité. Pourtant, aucun des speakers n’en compte parmi leurs salariés, mis à part Low Cost Holidays qui n'en dit pas plus. Leur raison : « On cherche, mais ils sont durs à trouver ». Fausse excuse ou réelle pénurie d’experts en data ? C'est peut-être là le vrai défi à relever en 2016.
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