Depuis 2013, la start-up parisienne Glowee mise sur un concept innovant : remplacer la lumière artificielle par de la bioluminescence. En décembre dernier, la start-up a remporté le 5e concours Geopole, tout comme d’autres distinctions parmi lesquelles les prix Artscience, 101Projets… Un ensemble révélant l’attrait croissant de nombreux acteurs pour une telle technologie.
La lumière est présente partout, même aux fonds des océans. Après avoir vu une émission annonçant que près de 90 % des espèces marines y ont la faculté de produire de la lumière, Sandra Rey, alors étudiante en master de design industriel, décide d’en faire le sujet de sa thèse. Elle choisit donc d’ancrer son projet étudiant avec Maëlle Chassard, une camarade, autour de la thématique de la biologie de synthèse. En résulte alors l’envie de perfectionner cette originalité de la nature pour la rendre accessible aux travers de différents usages : réinventer l’éclairage urbain, le mobilier, etc.
« C’est la mer qui vous éclaire »
Après plusieurs années et de nombreux tests en laboratoire, la R&D aboutit à une coque en résine organique transparente, adhésive sur toutes surfaces planes, où les gênes de bactéries de calamars (non-pathogènes, non-toxiques – et pourvus de propriété bioluminescentes) sont insérés. Le support laisse également libre cours à différentes formes possibles. Mais une problématique persiste : comment parvenir à rendre l’ensemble durable ? Et à cette question, la durée de vie des bactéries a été multipliée jusqu’à atteindre plusieurs jours actuellement, suite à de nombreux essais. Une équipe de près de dix personnes travaillent à plein temps pour en parfaire les qualités lumineuses et durables.
Un enjeu important
L’enjeu reste multiple et intéresse de nombreux acteurs comme les commerces, dont l’éclairage électrique nocturne est interdit depuis 2013. Pour l’instant, l’offre est restreinte et réservée à une clientèle professionnelle pour des utilisations événementielles. Parmi les grands défis de la start-up : disposer de six mois de lumière pour 2017 avec une étape intermédiaire en 2016. L’ambition de Glowee va jusqu’à vouloir faire de la lumière une source cultivable par (et pour) tous. Et son utilisation s’annonce multiple dans le tourisme : éclairage d’espace public, de transport, de signalétiques, de bâtiments… Cette innovation pourrait donc remplacer l'éclairage coûteux de monument comme la Tour Eiffel, remplacer le balisage autouroutier/aérien...
La start-up à récemment été ambassadeur de la French Tech pour la COP21, et participe actuellement au concours organisé par Aviva France : La Fabrique Aviva. De quoi laisser présager encore un bel avenir à Glowee.