Des beacons pour enrichir les lieux touristiques

Dans la famille des objets connectés, les beacons, balises bluetooth activant le contenu d’une application mobile, continuent de montrer leur potentiel…

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Julia Luczak-Rougeaux

8 février 20164 min de lecture

next2U
© Archives Travolution

Dans la famille des objets connectés, les beacons, balises bluetooth activant le contenu d’une application mobile, continuent de montrer leur potentiel, notamment pour les lieux touristiques et culturels. Quels sont leurs avantages et leurs limites ? Entretien avec Olivier Heu, Président de AppsAre.Us, fournisseur de services liés aux beacons.

olivier_heu Olivier Heu, Président de AppsAre.Us

Pouvez-vous présenter AppsAre.Us ?

Nous avons créé AppsAre.Us en juillet 2012, grâce aux ressources de notre entreprise d’origine spécialisée dans les services en ingénierie informatique. Elle a été créée il y a 30 ans et existe toujours aujourd’hui. Notre société d’origine est française, alors qu’AppsAre.Us a été créée au Canada. Nous avons aujourd’hui 12 collaborateurs et proposons un produit principal : Next2U, une solution d’applications mobiles autour des beacons, de petits boîtiers émetteurs qui marchent avec une pile et émettent un signal bluetooth à une dizaine de mètres aux alentours. On utilise ce signal à l’intérieur des bâtiments pour localiser la personne et interagir avec elle. Nous nous adressons surtout aux secteurs de la Culture et du Tourisme. Dans le commerce, ce genre de dispositif est trop intrusif.

Quelles sont les fonctionnalités de Next2U ?

La première fonctionnalité concerne la découverte d’un lieu. On place un beacon près d’un point d’intérêt que l’on souhaite faire découvrir et lorsque le visiteur est à côté, une page multimédia s’affiche avec plusieurs bulles et il choisit le contenu qu’il veut visionner. Cela peut marcher également en extérieur pour la découverte de monuments. Le visiteur a accès à du texte lu par une voix synthétique, à des vidéos ou des liens renvoyant vers des sites. La deuxième fonctionnalité concerne le guidage. Nous mettons des beacons aux intersections et grâce à la boussole des smartphones nous savons où le visiteur se trouve. On lui indique ensuite s’il faut tourner à droite ou à gauche. Une alternative au GPS, car ces signaux ne fonctionnent pas en intérieur. La troisième fonctionnalité concerne la découverte sociale et permet de rentrer en contact avec des personnes qui ont également créé un profil. Enfin, la dernière fonctionnalité permet d’accéder à une carte interactive où l’on peut ajouter ses points d’intérêts. Elle est moins liée aux beacons, mais elle permet d’accéder à un endroit différemment. L’application Next2Uest en téléchargement libre sur iOS et Android. C’est une application générique qui rassemble plusieurs services. Elle peut-être proposée en marque blanche ou sous l’appellation Next2U. Les petits budgets préfèrent la 2e option, car créer une application en marque blanche coûte plusieurs milliers d’euros. Pour utiliser l’application générique il faut compter 60 euros par mois, ce qui permet de créer sa page et de pouvoir utiliser les beacons.

appli_next2u

Avec qui travaillez-vous ?

Notre client pilote est HEC Paris. L’école possède des œuvres d’art sur le campus. Les beacons permettent aussi de délivrer des informations, surtout pour les nouveaux élèves. Pour le derby HEC, nous avons équipé chaque cavalier d’un beacon. La portée maximum est de 65 mètres à l’air libre. Nous avons également installé des capteurs au musée de la toile de Jouy de Jouy-en-Josas et la maison Léon Blum. Nous travaillons également avec la mairie et l’office de Tourisme de la ville. Puis nous équipons des salons et évènements.

Pourquoi est-ce que les lieux culturels devraient installer des beacons ?

Tout simplement car ils permettent d’apporter une dimension ludique et d’interaction. Ils incitent les visiteurs à découvrir du contenu lié aux objets exposés. Il est possible de créer des parcours de visite selon le public visé pour satisfaire tous les visiteurs. Nous sommes au commencement des scénarios possibles.

Quelles sont les faiblesses des beacons ?

Je pense que ce qui freine beaucoup les visiteurs, c’est de télécharger l’application, surtout s’ils savent qu’ils en auront un usage limité. C’est un acte très engageant. Mais il y a d’autres technologies, comme Eddystone de Google qui permettent de profiter des beacons sans avoir à télécharger d’application. Avec ce système, ce ne sont pas des contenus dans une application mais des pages HTML qui s’ouvrent. Nos beacons sont bi-standard et marchent avec les deux systèmes. Mais nous préférons l’expérience proposée via une application car elle est plus personnalisée et plus belle graphiquement. Quant au frein pour activer le bluetooth, je pense qu’avec la multitude d’objets connectés qui arrivent sur le marché et qui nécessitent une connexion bluetooth, il sera toujours activé.

Le Li-Fi, l’Internet par la lumière qui permet aussi d’activer du contenu sur les smartphones représente t-il une menace pour vous ?

Ce que nous voulons, c’est apporter du service. Nous sommes donc ouverts à toutes les technologies qui nous permettront d’enrichir la visite.

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