
La startup Skylights a mis au point le casque SkyTheater permettant aux passagers d’un avion de regarder un film comme s’ils étaient au cinéma.
Créée il y a un an et demi par un ancien pilote d’Air France et un spécialiste de réalité virtuelle, la startup Skylights est actuellement incubée chez Starburst, un accélérateur pour les jeunes pousses dans l’aéronautique et l’aérien. Dans un contexte où les casques immersifs, comme ceux de réalité virtuelle, vont s’imposer dans nos quotidiens, Florent Bolzinger et David Dicko ont voulu créer leur propre dispositif destiné aux passagers des avions. Pour eux, les petits écrans des avions étaient loin de faire honneur aux films proposés.
Baptisé SkyTheater, le casque a pour vocation de proposer aux passagers une expérience unique de cinéma lors de leur voyage. Il permet de regarder des films en 2D ou en 3D dans un format 16/9e et permet une totale immersion comme au cinéma. La startup a signé un partenariat avec la société de production 20th Century Fox aux Etats-Unis, lui permettant de proposer des films encore à l’affiche au cinéma ou alors très récents. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le SkyTheater n’est pas du tout relié aux IFE, les écrans encastrés dans les sièges. Il est indépendant et les films sont contenus à l’intérieur du casque. Il permet de regarder 3 ou 4 films grâce à une autonomie d’environ 6 heures. Pour ce qui est du son, il suffit pour le moment de brancher un casque audio sur les lunettes. Bientôt, le dispositif intégrera aussi un dispositif audio directement. « Notre casque est en constante évolution. Il a fallu 6 prototypes différents pour arriver au modèle d’aujourd’hui », explique David Dicko, CEO de Skylights.
Pourquoi pas un casque de réalité virtuelle ?
Etant donné le passé du co-fondateur Florent Bolzinger, qui voulait il y a quelques années créer le Youtube de la réalité virtuelle, on se demande pourquoi le SkyTheater n’est pas un casque de réalité virtuelle. 1ère raison selon David Dicko : la réalité virtuelle ne permet pas de proposer une vraie expérience de cinéma : « Il est possible de regarder un film, mais en étant en immersion dans une salle de cinéma avec les sièges, les voisins et le popcorn. Du coup, l’écran est beaucoup plus petit et les images de moins bonne qualité ». Autre raison, l’autonomie qui ne dure qu’une heure pour ce genre de casque tel que le Samsung Gear VR. Enfin, la réalité virtuelle est plus susceptible de donner mal au cœur qu’un casque de cinéma comme celui de Skylights. « Il y a trop de problèmes de logistique et de praticité avec la réalité virtuelle », poursuit le CEO. Sans oublier que l’Oculus Rift, le casque de Facebook, a besoin pour le moment d’être connecté à un ordinateur pour fonctionner. La compagnie Quantas a pourtant proposé à ses clients de la classe business de tester le Samsung Gear VR pendant une durée de trois mois, en leur proposant de regarder des films, de visiter des lieux virtuellement ou de vivre l’atterrissage d’un A380. Un simple coup de pub selon David Dicko.
Une valeur ajoutée pour les compagnies aériennes
Skylights propose aux compagnies aériennes de mettre le casque à disposition des passagers, gratuitement ou non. « Imaginez, pour une offre de divertissement telle que les IFE, une compagnie doit dépenser entre 20 et 30 000 dollars par siège et elle doit les remplacer tous les 7 ans. C’est donc rarement rentable. Avec notre casque, les compagnies aériennes ne dépensent pas d’argent, mais en gagnent », explique David Dicko.
La startup réalise actuellement des tests avec Air France, XL Airways, Alitalia et une compagnie du Golfe. Les retours sont très bons selon le CEO. Air France et XL Airways ont choisi de proposer le casque en location, pour un prix compris entre 15 et 20 euros. Dans ce cas, la compagnie gagne une commission sur les locations. « Des revenus additionnels non négligeables pour des compagnies qui peinent à trouver d’autres sources de revenus », avance t-il. D’autres, comme Alitalia et la compagnie du Golfe, ont choisi de proposer le SkyTheater gratuitement aux clients de la Business et aux enfants. Même si la startup ne le fait pas actuellement, les compagnies peuvent envisager de diffuser leurs propres contenus sur le casque, en plus des films, comme de la publicité par exemple. Cela permettrait de diversifier encore les sources de revenus.
Skylights espère signer son premier contrat d’ici avril 2016. La startup ne s’interdit pas une évolution vers un modèle B2C, en vendant le casque au grand public, mais rien n’est prévu pour l’instant. Dommage pour lui :
