Weekendesk veut faire exploser ses réservations sur mobile

Weekendesk vient d’annoncer une levée de fonds de cinq millions d’euros auprès de son actionnaire historique, OTIUM Capital.

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Mathieu Joly

3 février 20165 min de lecture

Weekendesk_Voyages
© Archives Travolution

Weekendesk vient d’annoncer une levée de fonds de cinq millions d’euros auprès de son actionnaire historique, OTIUM Capital. Une nouvelle étape clé pour ce site de réservations de week-ends et de courts séjours thématiques (bien-être, gastronomie, détente, aventure…) déjà présent en France, Belgique, Espagne et bientôt… aux Pays-Bas. Rencontre avec son Directeur Général, Laurent Salanié.


Rapide historique

D’après un modèle importé par Pierre-Edouard Stérin en 2001, Weekendesk est initialement distribué sous le format coffrets-cadeaux. C’est seulement quatre ans plus tard que la formule se voit compléter d’un site de réservation en ligne. En 2008, l’activité coffrets cadeaux (rebaptisée Smartbox) se sépare de l’activité d’agence de voyage en ligne. Seul point commun actuel : un actionnaire historique commun lie les sites Smartbox, Camping&Co, Gault Millau et Balinéa.


Weekendesk_Laurent_Salanié Laurent Salanié, Directeur Général de Weekendesk.

Suite à cette levée de fonds, quels sont vos objectifs à courts, moyens et longs termes ?

Cette levée a pour objectif de nous aider à accélérer à l’international avec l’ouverture de nouveaux pays, s’inscrivant comme des investissements sur les premières années. Nous sommes déjà présents en France, Belgique et Espagne, et nous venons de nous lancer aux Pays-Bas. L’Italie est, quant à elle, un pays de développement pour l’année à venir. La poursuite de la croissance de la marque et des investissements, notamment marketing, dans les pays ‘cœurs’ est également un objectif majeur, en plus de développer nos produits avec une équipe de développeurs ayant déjà doublé en un an et qui va encore croître fortement l’année prochaine.

La concurrence des agences de voyages en ligne comme Booking.com, Expedia ou Lastminute.com est très agressive. Quels sont vos atouts pour vous démarquer ?

Notre catalogue est suffisamment large pour les concurrencer sur l’ensemble du territoire. Il s’agit pour notre cas d’une offre sélectionnée : c’est-à-dire que sur environ 2000 hôtels sur la France, ce sont des hôtels choisis et aux notes de qualité-client supérieures à huit. Notre inventaire est régulièrement mis-à-jour, de sorte à enlever ceux n’ayant pas de bons retours. Autre point, nous ne vendons pas de ‘chambre sèche’. Notre vocation n’est pas de vendre de l’hôtellerie de manière classique mais de vendre la chambre avec des activités pour donner envie aux clients de partir en week-end. Le minimum étant le petit-déjeuner, sinon le spa et le restaurant. Notre offre propose également des activités - pas forcément liées aux hôtels - comme les parcs d’attractions : le Parc Astérix, Disneyland, Europa-Park… Mais aussi des musées et des monuments comme le château de Versailles ou la Tour Eiffel. Tout ceci en package pour donner plus de valeur aux yeux du client. Sinon, en termes de sources de trafic que l’on apporte aux hôtels, elles sont très qualifiées ‘week-end’. Ce qui intéresse un certain nombre d’hôtels qui ont du mal à remplir leur offre en fin de semaine. L’angle reste cependant local car on sait que les clients partent le plus souvent en week-end à moins de deux heures de chez eux et c’est ce qui nous démarque de sites tournés vers l’international.

Vous avec développé une application mobile. D’après une récente étude menée par RocketFuel, les réservations sur mobile ne séduisent pas : les français préfèrent réserver via leur ordinateur. Or avec « 80% de ventes en packages ‘clés-en-main’ intégrant des activités en plus de la nuit d’hôtel », quelle est votre visibilité en termes de support ? Comment valoriser votre offre ?

Nous sommes à l’heure actuelle 100% online. Notre site mobile représente environ 20 % de nos réservations, sans parler des tablettes au comportement lié au desktop. Nous pensons donc qu’au contraire, le mobile a sa place. Avec la récente levée de fonds, une partie significative sera liée à l’explosion du mobile et à l’accélération de ce moyen de consommation pour les clients. Les applications servent quant-à-elles pour les grands consommateurs : l’envie est de répondre à ces clients par une prise en main plus facile. Cette étude met en lumière que pour beaucoup de sites, le mobile ne représente que peu de réservations. Mais à mon sens, vue la qualité de l’ergonomie des sites mobiles sur le marché, cela ne m’étonne pas. On parle beaucoup du responsive mais ça n’est pas une réponse aux réservations mobile : si on veut faire du mobile, il faut faire du mobile. Nous tablons même sur le fait que d’ici trois ans, avec la maturité du marché, plus de 50 % des réservations se feront sur mobile. D’autant plus sur un marché comme le nôtre.

Depuis décembre dernier, vous proposez via votre blog LeMag – en lien avec Webedia – des articles attrayants dans la lignée des réseaux sociaux avec notamment des playlists, top 5... Est-ce une nouvelle façon de s’attirer une clientèle plus jeune ? Est-ce devenu un indispensable ? 

Indispensable, je ne suis pas sûr. La création de LeMag s’est construite à partir de plusieurs de constats : celui d'avoir à raconter des choses aux clients et aussi que personne ne prenait réellement la parole sur le week-end en donnant des idées de voyages… Il s’agit en tout cas pour nous de parler à nos consommateurs d’une nouvelle manière et de sortir du simple cadre commercial. Et il se trouve que nos lecteurs sont nombreux à solliciter ces articles. L’objectif pour l’avenir est d’être le site de destinations numéro un pour la recherche de bons plans week-end et LeMag en est un outil. Après, la volonté n’est pas de rajeunir notre clientèle, mais en effet de permettre de nous adresser via les réseaux sociaux, avec des choses plus ‘fun’ à dire.

En résumé, le mobile est-il l’avenir ?

Ce qui est certain est que d'ici quelques années, les moyens de paiement seront beaucoup plus simples sur mobile et la bande-passante sera encore plus élevée. Et de la même manière qu'au début des années 2000 avec l'attrait pour internet et l'ADSL et malgré les critiques, cela finira par être adopté. De notre côté nous avons pris ce virage en mettant des ressources dédiées sur le sujet et en développant spécifiquement pour le mobile. D'ailleurs, nous sommes en train de travailler sur une refonte de notre site desktop et nous sommes en train d'inverser la hiérarchie traditionnelle en nous inspirant de ce que nous faisons de bien sur le mobile pour l'adapter sur le desktop.

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