La DGE veut faciliter l’ouverture et la réutilisation des données dans le Tourisme

La Direction Générale des Entreprises (DGE) vient de publier les résultats de son enquête réalisée auprès des producteurs et utilisateurs de données sur…

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Julia Luczak-Rougeaux

29 janvier 20165 min de lecture

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© Archives Travolution

La Direction Générale des Entreprises (DGE) vient de publier les résultats de son enquête réalisée auprès des producteurs et utilisateurs de données sur l’accès et l’utilisation de la data publique dans le Tourisme. Des observations qui ont donné naissance au projet Data Tourisme qui a pour but de faciliter le partage et la réutilisation de ces données.

La réalisation d’une étude sur l’accès et l’utilisation des données publiques dans le secteur du Tourisme a été lancée après que le service de l’économie numérique du Gouvernement, travaillant sur le Big Data, se soit rendu compte de l’énorme potentiel que représentait le secteur. La DGE, le Welcome City Lab, Atout France et Cap Digital se sont alors réunis pour mettre en place cette enquête avec une double entrée : les producteurs de data et les utilisateurs. L’objectif étant d’identifier les freins à l’appropriation et la réutilisation des données afin d’améliorer les services aux professionnels et aux particuliers durant leur séjour. De mai à octobre 2015, 262 professionnels du Tourisme (hôteliers, TO, Transporteurs, sites de loisirs, réceptifs…) ont répondu aux questions sur leur rapport aux données grâce à l’implication de la Sircom, le service de communication rattaché au Ministère des Finances et des Comptes publics. Une étude à petite échelle, mais qui a permis de mettre en exergue certains besoins.

L’accès aux données privées reste difficile

Dans l’étude, les producteurs de data affirment disposer majoritairement de données d’hébergement (86%), de données culturelles (76%) et de données liées à l’attractivité touristique du territoire (75%). Parmi ces données se trouvent des informations sur les donnés clients (61%), sur leurs intérêts (58%) et sur l’organisation (49%). Presque la moitié ne propose pas le libre accès à ces données. Seuls 36% le permettent. 23% des producteurs prévoient tout de même de les ouvrir bientôt. Aujourd’hui, les utilisateurs de données utilisent surtout les informations en open data sur les sites publics et aux statistiques en accès libre comme celles de l’INSEE. Une situation liée au fait que les producteurs partagent encore peu leurs informations. Ces données accessibles sont surtout utilisées en interne, pour la création de service BtoB (75%), pour mieux connaître le secteur (74%), pour renforcer sa stratégie marketing (73%) ou pour créer des services BtoC (68%).

Plusieurs raisons ont favorisé des difficultés à l’obtention des données pour les ré-utilisateurs : les datas ne sont pas à jour ou difficilement utilisables ou repérables, les sources sont disparates et les informations inégales ou elles coutent chères à obtenir. Il faut noter tout de même que 47% des utilisateurs répondants ont affirmé qu’ils n’avaient pas rencontré de difficulté à l’obtention de données. 60% ont également répondu ne pas rencontrer de difficultés dans le traitement de ces données. Pour les 27% qui en rencontrent, c’est surtout à cause de l’absence de dictionnaire de données et de leur caractère hétérogène.

Les échanges avec les propriétaires de données

60% des ré-utilisateurs de données affirment échanger parfois avec le propriétaire de la donnée collectée lors de son exploitation. Ils sont 18% à le faire systématiquement et 22% à ne le faire jamais. Les producteurs eux, sont la moitié à être en relation avec le(s) ré-utilisateurs(s) de données pour suivre leur exploitation. L’autre moitié ne l’est pas.

Les différents besoins et difficultés de partage

Les utilisateurs de données aimeraient à l’avenir accéder à des données liées aux transports (illustrant l’expérience des voyageurs), aux lieux touristiques (informations pratiques sur les activités touristiques et lieux de patrimoine) et sur les calendriers culturels.

Selon les producteurs, les données les plus difficiles à partager sont celles dites « chaudes », nécessitant une mise à jour régulière, les données relevant du fonctionnement internet de la structure et les données d’investissement. A priori, il ne serait donc pas impossible pour les utilisateurs d’accéder à ce qu’ils veulent. Pour résoudre ces problèmes, les producteurs estiment qu’il faudrait faire des mises à jour plus fréquentes, décloisonner les données (les mettre dans une seule base nationale et installer une méthode commune de saisie et de partage), les standardiser (en les rendant compatibles aux technos actuelles), les simplifier et réduire tous les freins au partage (droit sur les photos et freins juridiques).

Le projet Data Tourisme

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Pour palier à tous ces freins à l’ouverture et l’utilisation des données touristiques, la DGE et RN2D ont mis en place Data Tourisme, « un projet de recherche et développement visant à créer un guichet unique de la donnée touristique produite par les acteurs institutionnels du Tourisme français ». Les objectifs sont de développer une stratégie collective de diffusion des données institutionnelles ouvertes (OT, CDT, CRT…), faciliter la collecte, l’homogénéisation, et réutilisation et la diffusion des données à toutes les échelles et accélérer la création de services pertinents au profit des destinations françaises et favoriser la création d’entreprises. Un projet financé à hauteur de 245 000 € par le PIA (Projet d’Investissement pour l’Avenir) et à 40 000€ par la DGE. RN2D et d’autres partenaires (comme Atout France, Cirkwi, le Welcome City Lab) participent également pour un budget total de 490 000€.

Les données concernées sont les informations brutes (non marketées), produites par les institutionnels, stockées dans les SIT et répondant au besoin des diffuseurs et touristes. Elles profiteront aux startups créatrices de services numériques, aux diffuseurs institutionnels et privés et seront accessibles sur le site Data.gouv.fr en licence ouverte. Le gouvernement n’est qu’aggrégateur, aux entreprises ensuite de se servir de ces donnés pour créer de l’innovation. Un comité d’orientation qui validera les orientations stratégiques du projet, un comité d’expertise sur la technologie et un club des producteurs de données sont en train d’être mis en place.

Les entreprises voulant accéder aux données vont tout de même devoir attendre un peu : un grand chantier R&D se prolongera jusqu’à la fin 2016, suivi par l’établissement du modèle économique et de la promotion du dispositif début 2017. Le déploiement du dispositif ne sera effectif qu’au Printemps 2017, si tout se passe bien.

Plus d’infos sur le site de la DGE ici

Photo d'ouverture : Fotolia - agsandrew

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