Nouvelles expériences et nouveaux modèles économiques au musée

A l’occasion du salon Museum Connections, qui se déroule actuellement Porte de Versailles à Paris, deux conférences se sont déroulées sur les dernières…

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Julia Luczak-Rougeaux

21 janvier 20164 min de lecture

Tate-Britain-robot
© Archives Travolution

A l’occasion du salon Museum Connections, qui se déroule actuellement Porte de Versailles à Paris, deux conférences se sont déroulées sur les dernières expériences numériques au Tate Britain ainsi que sur l’évolution des modèles économiques des musées.

Chaque année, le musée Tate Britain à Londres organise le IK Prize, un prix récompensant une idée innovante mêlant numérique et artistique. Les projets sont présentés devant un jury composé de professionnels du monde de l’art et du numérique. Le gagnant remporte 15 000 livres ainsi que 90 000 livres pour mettre en place le projet au Tate Britain. C’est grâce à ce prix que le musée a pu dernièrement proposer des expériences sensorielles originales, comme est venu l’expliquer Tony Guillan, Producteur d’art visuels & multimedia au Tate.

Un robot dans la nuit

En août 2014, l’expérience proposée s’appelait After Dark et proposait aux internautes de visiter le musée la nuit à travers les yeux d’un robot. Un dispositif mis en place par le gagnant The Workers. Pendant 5 nuits, 4 robots ont parcouru les allées, contrôlés par des internautes sélectionnés à travers le monde. Il était possible de regarder les œuvres sur son écran d’ordinateur en spectateur. Pour avoir la chance de vivre l’expérience, il fallait donner une réponse originale à la question « Pourquoi voulez-vous contrôler un robot ? ». Chaque nuit, une équipe de 10 personnes restait éveillée pour s’assurer que tout fonctionnait bien. 100 000 personnes ont assisté à la balade des robots dans le musée et plus de 33 000 tweets ont été émis. Le Tate réfléchit à la manière de réadapter ce genre d’expérience à l’avenir, notamment pour attirer une clientèle étrangère et jeune, mais rien n’est prévu pour l’instant. En revanche, The Workers est ouvert à toute proposition de partenariat avec d’autres musées.

Les sens en émoi

En 2015, l’expérience proposée au Tate Britain s’intitulait Tate Sensorium et comme son nom l’indique, elle était portée sur les 5 sens. Une installation mis en place par la société Flying Object. Pour compléter 4 œuvres visuelles, des installations basées sur le toucher, l’odorat, le goût et l’ouïe ont été installées en utilisant les nouvelles technologies comme l’haptique, les ultrasons, la technologie d’IFF permettant de reproduire les odeurs de la nature ainsi que de la nourriture procurant des textures étonnantes sur le palais. Chaque visiteur était équipé d’un bracelet connecté qui mesurait le rythme cardiaque afin d’en savoir plus sur les réactions que produisait chaque œuvre.

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Enfin, le Tate a lancé une autre initiative digitale originale qui n’a pas de lien avec le IK Prize : Tate Worlds qui transpose les œuvres d’art dans le jeu vidéo Minecraft. Le musée s’est approché de plusieurs « mapmakers » connus afin de créer toute une map inspirée d’une œuvre d’art ou d’un lieu qu’elle dépeint. Pour ceux qui ne connaissent pas, Minecraft est un jeu reconnaissable grâce à son univers très pixélisé. Il permet de créer son propre monde, un univers dans lesquels des personnages évoluent, en créant des bâtiments, des reliefs… 8 scénarios ont été créés dans le jeu et étaient téléchargeables gratuitement. Une bonne manière de sensibiliser une population jeune, plus habituée aux jeux vidéo qu’aux galeries, aux œuvres d’art.

La prochaine expérience du Tate s’annonce prometteuse, puisque le thème de l’IK Prize 2016 est l’intelligence artificielle, en partenariat avec Microsoft.

Au-delà de l’expérience, le modèle économique du musée

Après le Tate, une autre intervention avait pour thème les nouveaux modèles économiques des musées. L’idée était de donner des pistes sur de nouvelles façons de gagner de l’argent ou d’acquérir des œuvres pour une exposition par exemple. Bernardine Brocker est venue présenter sa plateforme Vastari qui permet de mettre en relation musées, collectionneurs et experts afin de faciliter l’échange ou le prêt d’œuvre d’art. Une sorte de LinkedIn en plus complet, selon sa créatrice. La plateforme ne prend pas de commission et se présente vraiment comme un facilitateur de contact. Un état d’esprit dans l’air du temps et en phase avec le créateur de Meerkaat, l’application de live streaming : « Si la dernière décennie a été marquée par la consommation et le partage, la prochaine sera marquée par la co-création de contenu ».

Le musée Van Gogh à Amsterdam est également venu expliquer ses nouvelles sources de revenus. L’établissement propose désormais des reproductions d’œuvres en 3D en partenariat avec Fujifilm et permet d’avoir des copies quasi-identiques de tableaux de l'artiste dans son salon. Des reproductions qui coûtent chères : 25 000 euros pour un tableau. Le musée propose également d’envoyer ses consultants à l’étranger, dans des universités ou dans des établissements récemment créés pour témoigner de leur expertise. Il propose également aux autres musées de « louer » son installation numérique basée sur les œuvres de Van Gogh. Ces deux derniers services ont beaucoup de succès dans les pays asiatiques et leur assure des revenus additionnels confortables.

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