Intelligence artificielle : ce qui nous attend dans les prochaines années

Le film Ex-Machina

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Julia Luczak-Rougeaux

4 janvier 20166 min de lecture

ex-machina
© Archives Travolution

Le film Ex-Machina

L’intelligence artificielle est aujourd’hui aux prémices de ses capacités. Si elle commence déjà à impressionner, notamment à travers des technologies comme Watson d’IBM, elle est en passe de révolutionner notre quotidien en le facilitant pour que tout aille toujours plus vite. Voici quelques exemples d’intelligences qui devraient émerger dans les prochaines années. La création de l’OpenAI, une organisation à but non lucratif qui a pour dessein de surveiller l’intelligence artificielle et la robotique, n’est pas un hasard de calendrier. L’association portée par Elon Musk et Sam Altman voit le jour au moment où les initiatives en matière d’intelligence artificielle se multiplient, posant toujours plus de questions sur l’éthique et la relation homme/machine. Nous n’avons jamais été aussi près du monde dépeint dans le film Her de Spike Jonze, une référence lorsqu’il s’agit de parler d’intelligence artificielle en tant qu’assistante virtuelle. Sans surprise, Mark Zuckerberg veut faire partie des pionniers en créant sa propre intelligence artificielle. C’est pourquoi il s’est donné comme objectif en 2016 de mettre au point une technologie qui l’accompagnera au quotidien, dans son travail comme à la maison : « Je lui apprendrai à comprendre ma voix pour contrôler toute la maison – musique, lumières, température et autre. Je lui apprendrai à laisser les amis entrer en regardant leur visage quand ils sonnent à la porte. Je lui apprendrai à me signaler s’il se passe quelque chose dans la chambre de Max [sa fille] quand je ne suis pas avec elle » a-t-il expliqué dans un billet publié sur Facebook à l’occasion de la nouvelle année. Le patron du réseau social espère ainsi créer l’équivalent de J.A.R.V.I.S, l’intelligence artificielle qui assiste Tony Stark alias Iron Man dans les films Marvel. Pour lui, ce genre de technologie est une précieuse aide, pas un danger, comme peut le penser Elon Musk. «Certaines personnes essaient de convaincre le public que l'intelligence artificielle est un danger important. Mais ça me semble tiré par les cheveux et bien moins probable que des désastres causés par les maladies, la violence etc.» a-t-il déclaré dans les commentaires suivants sa publication. Si Mark Zuckerberg avance vouloir coder lui-même son assistant personnel, il recevra très certainement l’aide de sa structure nommée FAIR (Facebook Artificial Intelligence Research) qui rassemble depuis 10 ans les meilleurs chercheurs en matière d’intelligence artificielle. Le laboratoire de Facebook basé à Paris à ainsi créé un système de langage naturel baptisé Ireadyourlips capable de comprendre toutes les profondeurs et les nuances du langage à travers la reconnaissance vocale. Mark Zuckerberg s’est donné un an pour réaliser son projet. S’il est concluant, il y a des chances que cette technologie devienne accessible aux utilisateurs du réseau social tôt ou tard. Viv : une Siri en puissance viv Inventer une intelligence capable de comprendre toutes les nuances du langage et même faire preuve d’humour, c’est aussi le but d’un groupe de chercheurs mené par Dag Kittlaus, Adam Cheyer et Chris Brigham, les créateurs de Siri qu’ils ont revendu à Apple en 2010. Leur technologie, Viv (vivant en latin), est en voie de faire passer l’intelligence artificielle à la vitesse supérieure. Sur le site quelque peu mystérieux de Viv Labs on peut lire qu’elle « simplifie radicalement le monde en fournissant une interface intelligente à absolument tout ». Les trois Américains veulent aller bien plus loin que Siri qui, pour le moment, se contente de répondre à des instructions simples comme donner l’heure, donner la météo ou programmer un réveil. Viv peut répondre à des requêtes bien plus complexes. En tenant compte des préférences préalablement renseignées par l’utilisateur, l’intelligence va interroger une multitude de données. Dans un article publié sur le site Ulyces, on en apprend plus sur ses capacités. Après lui avoir demandé « Quel est le meilleur siège disponible sur le Virgin 351 de mercredi prochain ? », Viv se rend sur le GDS Travelport et trouve vingt-huit sièges disponibles. Elle se rend ensuite sur SeatGuru.com pour obtenir des informations sur chaque siège selon le vol. Elle sait que l’utilisateur aime les sièges côté hublot avec un espace supplémentaire pour étendre ses jambes. La réponse est donc le siège 9D, en classe éco, situé près des sorties et disposant de plus de place pour les jambes. Un autre exemple donné par Wired montre que Viv sait gérer les requêtes complexes. Elle comprend une phrase comme  « Je suis en route vers la maison de mon frère et j'ai besoin d'acheter du vin qui s'accorde bien avec des lasagnes », puis elle est capable de déterminer le trajet menant chez votre frère en vous faisant passer chez le caviste le plus proche, tout en vous conseillant quel vin acheter. Enfin, Viv est perspicace. Si l’utilisateur lui confie qu’il a trop bu, elle comprendra qu’il faut commander un taxi ou un VTC qu’il le ramènera sain et sauf à la maison. Malheureusement, il faudra encore un peu de temps avant que les fêtards comptent sur leur assistant virtuel. Viv est encore en phase de développement et on ne connaît pas encore sa date de sortie ou de commercialisation. Nul doute que lorsque cela sera le cas, on en entendra parler. Lola : celle qui pilote la maison lola_vivoka Avec l’essor des objets connectés et de la domotique, l’intelligence artificielle peut également servir à rendre sa maison intelligente. C’est le cas de Lola développée par la startup française Vivoka, une solution permettant de contrôler tous les équipements d’une habitation. La technologie se matérialise sous la forme d’un boitier relié au réseau internet de la maison et se pilote très simplement via une application sur smartphone ou tablette ou grâce à la commande vocale. Il suffit de demander à voix haute « Lola, ouvre les volets » et vous voici ébloui par la lumière du jour. A condition que les objets de la maison soient connectés, il est également possible de lancer une musique, régler la température, ouvrir la porte du garage, faire un café… Contrairement aux autres intelligences artificielles évoquées, Lola ne converse pas avec l’utilisateur et semble moins avancée en matière de machine learning. Mais elle n’est pas moins utile, d’autant que la technologie est complétée par une interface 3D permettant de reproduire sa maison et de visualiser ce qui est allumé ou éteint en temps réel. Lola est aussi en phase d’expérimentation. La startup avait lancé une campagne sur Kickstarter, mais elle a été annulée il y a quelques jours. Le projet a tout de même ses chances : en moins d’un mois, Vivoka avait récolté plus de 17 000 euros. Si ces exemples d’intelligence artificielle en sont encore à la phase expérimentale, ils nous aident à préfigurer quel sera le monde de demain, ce monde qui n’existait que dans les films de science-fiction, mais qui semble arriver plus vite (ou moins vite ?) que prévu. Si notre quotidien est bouleversé, c’est sans conteste notre manière de voyager et de préparer notre voyage qui le sera aussi.

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