La filiale de la SNCF vient d’annoncer plusieurs partenariats avec des acteurs collaboratifs : Airbnb, Ouicar et KidyGo. Elle proposera, au moment d’acheter son billet de train, d’utiliser ces services. Une décision qui est loin de plaire à tout le monde.
Voyages-Sncf continue d’innover, de favoriser la co-création de contenu et de prendre en compte les nouveaux usages des voyageurs. Alors qu’elle vient tout juste de donner un coup de jeune à sa home page et qu’elle a lancé un concours pour trouver le prochain cinemagraph qui l’habillera, l’agence de voyage vient d’annoncer son partenariat avec des acteurs collaboratifs incontournables : Ouicar, KidyGo et Airbnb. « Quand quelqu'un prend le train et laisse derrière lui sa voiture ou son appartement, nous lui proposons de mettre ces biens inactifs en location auprès de nos partenaires afin qu'ils lui rapportent de l'argent. » a expliqué Franck Gervais, Directeur de Voyages-Sncf au JDN.
Quant à KidyGo, un service qui propose de faire accompagner un enfant seul par un autre voyageur en échange du paiement de son billet de train, il sera lui aussi poussé au moment de l’achat d’un billet. L’agence propose déjà un service similaire appelé « Junior & Cie » qui permet de faire accompagner son enfant par un encadrant pendant les vacances scolaires ou le weekend. Mais tous les trajets ne sont pas couverts, KidyGo vient donc en complément.
Le partenariat avec Airbnb met en colère les hôteliers
Une conférence de presse était prévue pour en dire plus sur ces partenariats aujourd’hui, mais elle a été annulée à cause du mécontentement des hôteliers, suite à la collaboration avec Airbnb. Depuis plusieurs années, Voyages-Sncf propose aux voyageurs de réserver une chambre d’hôtel au moment de l’achat de leur billet de train.
« Nous sommes choqués et en colère: comment une entreprise publique subventionnée par l'Etat peut-elle nouer un partenariat avec une multinationale qui use de toutes les failles du système fiscal français pour ne déclarer que 2% de son chiffre d'affaire en France et ne créer quasiment aucun emploi », a dénoncé Didier Chenet, président du GNI-Synhorcat. Plusieurs hôteliers veulent saisir le gouvernement et rencontrer Guillaume Pépy, le Président de la SNCF.
Dans un communiqué Voyages-Sncf assure qu’elle va « rencontrer au plus vite les représentants de la profession hôtelière et voir les opportunités [lui] permettant de continuer à renforcer la collaboration entre [leurs] activités respectives ». Les hôteliers ne comprennent pas cette décision : « Le billet de TGV est trop cher, donc la SNCF demande à ses clients de louer leur appartement pour le financer. Nous ne comprenons pas », a ajouté Didier Chenet. Du côté de Voyages-Sncf aussi il y a de l’incompréhension, puisque la société assure que ce partenariat leur sera bénéfique : en louant leur logement sur Airbnb, les voyageurs auront plus d’argent et pourront donc aller à l’hôtel.
Une phase de test devrait commencer en janvier 2016 et durera plusieurs mois. Reste à savoir si tous les acteurs arriveront à s’entendre pour proposer encore plus de services aux voyageurs.
[MàJ] Dans un communiqué, Voyages-Sncf explique que suite à l’incompréhension créée par la promotion ponctuelle de Voyages-sncf.com avec AirBnB, elle a décidé d'arrêter l'opération en cours et de prendre le temps du dialogue avec l’ensemble des professionnels de l’hôtellerie afin d’analyser les conditions dans lesquelles les nouveaux modèles d’économie collaborative peuvent contribuer à la relance du tourisme en France.