Fondée il y a 5 ans à San Francisco et basée en France depuis 3 ans, RadiumOne compte une quarantaine de salariés. Ses solutions de marketing de conquête sont si poussées qu’elle a levé pas moins de 54 millions dollars l’été dernier. Rencontre avec Bastien Crochet, Sales Manager chez RadiumOne.
A partir de quels constats est née RadiumOne ?
Nous savons que les meilleurs prospects des marques se trouvent dans le cercle proche de leurs clients. Il est fort probable qu’un client habitué aux hôtels 5*, ait un entourage proche ayant les mêmes habitudes de destination. Grâce à notre technologie unique nous pouvons identifier l’entourage proche des prospects et clients d’une marque mais également leurs comportements, leur profil socio-démographique et leurs interactions, notamment dans le Dark Social. Ayant accès à tout l’inventaire publicitaire des éditeurs et en tant que plateforme programmatique propriétaire nous avons la capacité de cibler, en temps réel, ces prospects qualifiés pour les transformer en futurs clients.
Qu’est-ce que vous appelez le Dark Social ?
C’est un terme qui a été lancé en 2012 par le journaliste américain Alexis C. Madrigal et relayé par Radiumone. Par opposition au Light Social, c’est-à-dire tout ce qui est visible dans le social media, le Dark Social fait référence à toutes les interactions qui échappent aux outils de Web analytics. Le fait de partager , copier-coller, chatter, l’URL ou le contenu d’un site -une destination touristique, une recette de cuisine ou une news- rentre dans la définition du Dark Social.
Quelle importance, en termes d’interactions et de volume, représente le Dark Social ?
Contrairement aux idées reçues, le partage n’est pas l’apanage des réseaux sociaux. Les études attestent que ce qui se partage dans cette obscurité est deux fois supérieur au volume d’interactions sur Facebook. Nous avons mené une étude auprès de 900 millions d’internautes dans le monde qui indique que 60% des partages se font en dehors des réseaux sociaux. En Europe, ce taux atteint 77% et en France plus de 80%. Le Dark Social est nécessairement en croissance puisqu’il suit l’évolution des usages digitaux : rien que pour le mail qui représente la première source de partage, c’est plus de 200 millions de messages échangés par minute autour du globe. Que les partages soient effectués par mail, par chat, ou sur les réseaux sociaux, RadiumOne capte cette data et crée de la valeur à destination des marques, exploitable en média pour convertir des prospects en clients.
Comment faites-vous pour mesurer les interactions qui ont lieu en dehors des réseaux sociaux ?
Parmi nos outils, nous proposons une suite gratuite de boutons de partage 'Po.st' destinée aux éditeurs et annonceurs. Elle permet aux internautes de partager des contenus (articles, fiches produits, etc.) et aux éditeurs d’identifier ces partages et de mesurer la viralité des contenus. Les marques, quant à elles, bénéficient de la technologie RadiumOne pour leurs campagnes media en exploitant la puissance des interactions -force, fréquence, engagement-. Aujourd’hui, plus de 400 marques et partenaires utilisent la suite 'Po.st' ce qui nous permet en France d’observer les partages de plus de 48 millions d’internautes/mobinautes par mois.
Les annonceurs peuvent donc atteindre le réseau de leurs prospects ?
Absolument, c’est l’une de nos forces ! Nous partons de l’audience engagée à la marque pour identifier son cercle d’influence et ainsi cibler une nouvelle population jusque là inconnue de la marque.
Quel est l’intérêt pour un pure player ?
Un cas concret : un acteur majeur du tourisme au Royaume-Uni cherchait un nouveau levier pour recruter des clients. En installant notre suite de boutons 'Po.st' sur son site, nous avons pu étudier ensemble, en pré-campagne, les comportements de partage de son audience. La corrélation entre partage et conversions était flagrante ! Ce constat est naturel quand on sait qu’un voyage se prépare et se partage avec son entourage. Cela permet au voyagiste d’anticiper les pics de conversion et d’optimiser en temps réel ses performances et son retour sur investissement.
Vous êtes capable d’atteindre un mobinaute en fonction de l’usage qu’il fait de son mobile. Pouvez-vous nous éclairer ?
Notre technologie nous donne accès à un ensemble de signaux qui permettront d’identifier un mobinaute en fonction de sa position, son équipement, son comportement et d’autres paramètres sociodémographiques. Pour les marques, c’est une opportunité nouvelle d’atteindre leur audience mobile sur les lieux qu’elle fréquente et donc d’étendre le champ de prospection au monde réel. Quoi de mieux pour une chaine d’hôtel que de pouvoir atteindre des voyageurs qui fréquentent régulièrement des gares ou des aéroports ?
Comment les agences de voyage pourraient-elles bénéficier de votre savoir-faire ?
RadiumOne cible, pour les agences de voyage, les passants fréquents sur leurs zones de chalandise.
Quels sont vos clients dans le secteur du Tourisme ?
Ils sont nombreux. Parmi les plus avancés, La Compagnie des Alpes, SNCF, Voyages-SNCF, American Airlines, Hilton…
Sur quels développements technologiques travaillez-vous actuellement ?
Nous concentrons nos efforts sur le déploiement de nos offres mobiles et cross-devices. Par ailleurs, les efforts de R&D rendent aujourd’hui disponible la technologie RadiumOne via notre plateforme, en managed ou self served. Le maillage technologique et humain que constitue RadiumOne en fait une des sociétés leader sur le programmatique. Nous souhaitons encore nous améliorer et offrir des performances accrues à nos clients et futurs partenaires.
Cette interview est initialement parue dans le MOOK #3.