A l’occasion de l’évènement GBTA Conference 2015 qui s’est déroulé du 9 au 11 novembre, une table ronde s’est tenue autour de l’économie collaborative et des opportunités qu’elle peut représenter pour les acteurs du business travel.
Avant d’interroger les participants, le modérateur de la table ronde, Ralph Colunga, Director of Global Travel chez Concur, a rappelé que l’arrivée de l’économie collaborative au sein du business travel fait l’objet de nombreux débats et soulève plusieurs questions : les services collaboratifs apportent-ils vraiment une valeur ajoutée aux programmes voyage ? Doit-on laisser les voyageurs d’affaires les utiliser ? Comment travailler avec eux et les intégrer facilement à son programme ?
Airbnb et la sécurité
Airbnb est l’un des services collaboratifs qui proposent une offre pour les professionnels. Marc McCabe, Business Travel Lead chez Airbnb, a donc été interrogé sur les problématiques de sécurité. Les travel managers se demandent souvent comment vont-il pouvoir tracker les collaborateurs avec ce service et comment vont-ils pouvoir l’intégrer dans une perspective « duty-of-care » (s’assurer que les voyageurs sont en sécurité). C’est pour cela que le service a mis au point un outil de localisation et propose des logements adaptés aux besoins de cette clientèle : « Nous proposons des logements entiers bien équipés et d’un certain standing et pas des châteaux ou des cabanes dans les bois », a précisé Marc McCabe. Airbnb a également créé un outil de reporting afin de contrôler les dépenses et savoir quelles économies ont été faites par rapport à une chambre d’hôtel. « C’est le genre de données qui donnent du pouvoir aux travel managers et les poussent à utiliser nos services », a continué Marc McCabe.
Les entreprises permettant d’utiliser Airbnb sont pour le moment plutôt petites selon Marc McCabe et ont entre 50 et 100 employés. Pour lui, la manière de se méfier de la plateforme fait écho à l’arrivée des iPhones il y a quelques années. Il y a avait également la question de la sécurité à l’époque, celle des données.
Une question de génération ?
Selon Aurélie Krau, Travel industry Expert chez Travel Think, les voyageurs faisant partie de la génération Y ne sont parfois pas assez au fait des obligations de leur société. « Ils veulent de l’autonomie et ne comprennent pas en quoi cela peut poser problème », a-t-elle expliqué.
Des propos confirmés par une personne du public travaillant chez Salesforce : « Je pense qu’il faut prendre en compte l’état d’esprit de la société. Chez Salesforce, la moyenne d’âge est de 28 ans. C’est pourquoi nous travaillons avec Airbnb ou Uber, nous n’offrons pas de résistance à ces nouveaux usages. Mais nous assurons tout de même ce qui est lié au ‘ duty-of-care ‘. Nous avons beaucoup de retours positifs ».
« Le phénomène du blurring ne peut être ignoré », a continué Aurélie Krau, « les voyageurs veulent pouvoir explorer la ville sur leur temps libre. Un voyage d’affaires est d’abord un voyageur loisirs, c’est pourquoi ils veulent retrouver les mêmes services et outils. Il y a une part de frustration à ne pas pouvoir le faire. C’est pourquoi j’invite les sociétés à essayer de comprendre leurs collaborateurs qu'importe leur âge. Finalement ce n’est pas une question de génération, mais d’usages ».
Faut-il relativiser ces nouveaux usages ?
Selon Carole Poillerat, International Business Development Director chez HRS, il faut revenir sur la définition même d’économie collaborative : « Airbnb ce n’est plus du collaboratif, c’est du business », a-t-elle précisé. Une opinion entièrement partagée par Marc McCabe. « Au départ il y avait du partage. Je te prêtais mon canapé ou un lit et je te faisais découvrir la ville. Ce n’est plus vraiment le cas. C’est pourquoi je préfère le terme de solutions alternatives ». Selon Carole Poillerat, ce n’est donc plus pour les mêmes raisons que les voyageurs d’affaires veulent utiliser ces services. Il s’agit surtout de trouver une solution pratique pour les longs séjours. Pour les courts séjours, la majorité des voyageurs d’affaires préféreront toujours une chambre d’hôtel.
« Les voyageurs d’affaires vont vers ces services car ils sont simples à réserver et à utiliser. Mais la question n’est pas de savoir s’il faut les intégrer à son programme voyage. La question est de savoir comment proposer la même simplicité au sein même de son entreprise. Les collaborateurs ne seraient même pas attirés par ces nouveaux acteurs si c’était le cas », a-t-elle ajouté.
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