CCM Benchmark a organisé hier une journée de conférences dédiée à l’e-tourisme. La disruption, comme moyen d’évoluer et de trouver de nouvelles perspectives de croissance, était le sujet de la première table ronde.
La « disruption » et « l’ubérisation » sont des termes à la mode ces derniers temps pour désigner un état d’esprit particulièrement présent chez les startups. Pas étonnant que le sujet soit également abordé dans le secteur du Tourisme, comme ce fut le cas ce matin lors de la conférence CCM Benchmark à travers plusieurs questions : comment les professionnels du Tourisme s’adaptent aux nouveaux modes de consommation et comment orientent-ils leurs offres pour répondre aux attentes des voyageurs connectés ?
En 60 ans, l’association Gîtes de France a assisté au bouleversement de l’environnement touristique. Les méthodes de commercialisation sont d’abord passées par les guides papiers, ensuite par le Minitel, puis par Internet, pour investir maintenant le mobile. A chaque fois, l’association a dû s’adapter. Selon Laurent Salanié, Directeur Général de Weekendesk, un site de réservation en ligne de courts séjours, il y a toujours eu des changements et il est toujours nécessaire de s’adapter. Seulement, avec les nouvelles technologies, tout va beaucoup plus vite. Il est donc plus difficile de suivre les tendances et d’innover, alors qu’en même temps cela devient indispensable pour rester compétitif.
« You snooze, you loose »
Comment faire alors pour suivre la cadence ? Oser, selon les participants de la table ronde. « Auparavant, nous avions toujours de gros projets qui s’étalaient sur plusieurs années. Le problème, c’est qu’au moment où ils étaient au point, ils n’étaient déjà plus à l’ordre du jour », explique Anne-Catherine Péchinot, Directeur Général chez Gîtes de France, « désormais nous allons beaucoup plus vite et prônons une politique des petits pas. C’est important de se donner le droit à l’erreur. C’est pourquoi nous avons un budget ‘plantade’ ». Pareil pour Weekendesk qui réinvestit tous ces profits dans de nouveaux projets. Laurent Salanié explique qu’il faut « être agressif et non passif ». Il n’hésite pas à évoquer des slogans américains dignes de figurer sur les tee-shirts des startupers californiens : « Don’t take no for an answer » et « You snooze, you loose ».
La société Travelski est allée plus loin dans l’art d’oser. Yariv Abehsera, fondateur de la société spécialisée dans les séjours au ski, avoue avoir incubé une startup avec qui elle travaille pour vendre des forfaits en ligne. « Officiellement, nous n’avons pas le droit de le faire, mais on prend le risque, comme l’a fait Uber dans le secteur des taxis. Je n’ai pas envie de me réveiller un jour et de réaliser que quelqu’un l’a fait à ma place. Il faut le faire pour le client », ajoute t-il. Quant à la startup OptionWay, son produit même est basé sur la disruption selon son président Mathieu Chauvin, puisqu’elle prend le contre pied des techniques traditionnelles pour trouver le meilleur prix d’un billet d’avion. « Il faut conserver l’obsession du produit parfait », déclare Laurent Salanié, « Ce n’est pas pour rien que Frédéric Mazella (fondateur de Blablacar, ndlr) passe 20% de son temps à parcourir son site pour améliorer son offre ».
L’objectif de tous les participants de cette table ronde ? Continuer à innover pour s’installer en tant que marque, tout en proposant toujours de nouveaux services et fonctionnalités pour survivre. Dans un monde aussi concurrentiel que le Tourisme, la disruption est de mise.
Illustration : Romolo Tavani