GBTA a récemment réuni à l’occasion d’une table-ronde les « nouveaux entrants qui bousculent le business travel ». Parmi eux, MagicEvent. Créé en 2013, le spécialiste de la location de logements exclusivement dédiée aux voyageurs d’affaires voit son parc de logement doubler chaque trimestre. La start-up développe de nombreux services pour se tailler une part de marché et répondre au mieux à une clientèle particulièrement exigeante.


Comment vous est venue l’idée de créer MagicEvent ?
J’ai fait une partie de ma carrière dans l’univers des salons professionnels dans lequel je côtoyais les exposants et les visiteurs. Il était très fréquent que ces voyageurs en déplacement professionnel aient de grandes difficultés à se loger à proximité des événements. Il y avait souvent une pénurie d’hébergement et les prix flambaient. En Allemagne, par exemple, où les salons sont 3 à 10 fois plus grands que ceux que l’on connaît en France car beaucoup plus internationaux, les hôtels étaient très souvent saturés. Nous avons donc commencé par rechercher les hébergements à proximité de ces salons pour compléter l’offre existante et proposer des prix attractifs. Au début, le service était dédié aux organisateurs d’événements.
Vous proposez également des offres customisées. De quoi s’agit-il ?
C’est une offre dédiée aux organisateurs d’événements ou aux grandes entreprises qui ont une pénurie d’hôtels autour de leur siège social. De nombreuses entreprises de La Défense, par exemple, souffrent de cela notamment lorsque des collaborateurs viennent plusieurs jours en formation. Nous offrons alors une offre sur-mesure, avec des logements situés autour du siège social.
Mis à part la disponibilité et le prix, quels sont les autres avantages de ce type d’hébergements ?
Il y a de nombreux avantages, mais les personnes préfèrent ce type d’hébergement à l’hôtel car elles ont plus d’espace et davantage de confort. Il n’est pas rare que le voyageur d’affaires reste sur place pour le week-end donc le simple fait d’avoir une cuisine est pratique. La génération Y plébiscite également ce type de location. Il y a par ailleurs plus de confidentialité. Il m’est déjà arrivé de prendre avec mon équipe le petit-déjeuner à l’hôtel et d’avoir mes concurrents à la table d’à côté ! Enfin, lorsqu’ils louent un logement entier, les collaborateurs partagent davantage de temps ensemble : ils peuvent se faire livrer un repas via notre application de conciergerie (uniquement disponible à Paris pour le moment, NDLR), faire venir un chef pour organiser un cours de cuisine, prendre l’apéritif dans le salon. Ce qui était un temps mort devient un temps fort.
Quand on veut intégrer la politique voyage des entreprises, il faut pouvoir répondre à de nombreuses exigences…
Il y a en effet des contraintes et nous y répondons par des services. Nous sortirons prochainement notre outil pour le travel manager qui permettra de piloter la politique d’achat et les processus de validation de déplacement au sein de l’entreprise. Le collaborateur pourra sélectionner son logement puis le valider lui-même ou le faire valider par son supérieur. Le travel manager va pouvoir indiquer un seuil tarifaire pour chaque ville et chaque fonction de ses collaborateurs. Nous travaillons également sur de nouveaux services permettant aux entreprises d’assurer leur devoir de protection envers le collaborateur voyageur.
Que représente le poids de l’économie collaborative dans le voyage d’affaires ?
Il est difficile de le quantifier car c’est un phénomène naissant. AirBnB a annoncé qu’environ 10% des réservations sont réalisées par des professionnels. Aux Etats-Unis, une étude a indiqué récemment que 12% des voyageurs d’affaires avaient déjà utilisé Uber. En revanche, ils n’étaient que 4% à avoir loué un appartement en économie collaborative. Il y a donc un grand décalage entre le transport et l’hébergement. Il faut professionnaliser cette activité en apportant des assurances de qualité.
Quels freins ralentissent les travel managers dans l’adoption de votre solution ?
Le travel manager est très intéressé car il doit réaliser des économies, mais il doit aussi assurer la sécurité de ses collaborateurs et c’est à ce niveau qu’il y a le plus de réticences. Le secteur du tourisme d’affaires a déjà connu une période similaire avec l’arrivée des low-cost dans le transport aérien. Les réticences de l’époque ont toutes été levées et les low-cost représentent aujourd’hui près de 40% du marché court courrier… Chez Magic Event, nous apportons des services pour lever tous ces freins. Mais l’un des principaux reste le changement d’habitude. Une étude récente réalisée auprès des travel managers indiquait que la moitié d’entre eux n’envisageait pas de recourir à l’économie collaborative à court terme, mais que plus de 20% y réfléchissaient… En revanche, les PME ont déjà adopté ces nouveaux services.
Airbnb et MorningCroissant s’attaquent au même segment que vous. Quels sont vos principaux atouts ?
Nous sommes la seule entreprise à ne s’adresser qu’aux voyageurs d’affaires et une grande partie de l’offre passe par des agences immobilières qui ont une parfaite connaissance des hébergements et de la notion de services au voyageur professionnel. Nous ne sommes présents que dans les villes de tourisme d’affaires et n’avons aucune raison de nous développer dans les villes balnéaires par exemple. Notre offre est internationale et nous ne présentons pas de résidences étudiantes.
MagicEvent attribue à chaque logement une note sur des qualités intrinsèques : taux d’équipement de l’appartement, taux de service, etc. A partir de ratios exigeants, les appartements sont notés de 1 à 5 étoiles, comme pour un hôtel. De plus, les notations sont données par les anciens locataires, tous en déplacements d’affaires. On ne mélange pas les avis d’un étudiant, d’un couple de retraité puis d’un directeur général !
Intégration sur le site du salon Cartes Secure Connexions
Photo d’ouverture : Fotolia - 2mmedia

