Entouré de ses nouveaux clients, Sabre a fait le point sur ses partenariats récents et ses solutions.
Au niveau mondial, Sabre Travel Network se porte bien. La firme américaine a généré 707 millions de dollars au 2e trimestre 2015 (ce qui ne tient pas compte de la récente acquisition d’Abacus), soit une progression de 9,4 % par rapport à l’an dernier. Selon Ludovic Philippo, directeur général de Sabre France, « le marché européen est une locomotive et connaît une croissance à deux chiffres ». En France, le GDS a signé de nombreux partenariats, notamment avec MisterFly, CDS Group et Intermarché. D’autres partenariats ont été renforcés comme celui de DisneyLand Paris et de Frequent Flyer Travel Paris. La nouvelle version de Sabre Hospitality, qui offre une meilleure visibilité online et améliore les systèmes de réservation, aurait quant à elle permis à Four Seasons et Wyndham (24 000 hôtels au total) de voir les ventes progresser de 5% à 8%.
Concernant l’aérien, Sabre a signé en un an 110 nouveaux accords avec des compagnies. De ce fait, le contenu à destination des acteurs tels que les OTA et les agrégateurs est enrichi. Plus agréable, le design permettra par exemple de visualiser les différents sièges. « Nous sommes attachés à générer des revenus additionnels aux compagnies aériennes et aux agences e voyages », a rappelé Ludovic Philippo. Depuis notre introduction en bourse il y a un an et demi, nous avons lancé une trentaine de produits. Sabre investit massivement dans les technologies, notamment dans les applications et les nouveaux modes de paiement. »
Parmi les nouveautés, on note la sortie de la nouvelle version de Tripcase prévue pour octobre prochain. Elle sera disponible en 8 langues. Faisant allusion à la démonstration de Sabre lors de TravelTech Paris que nous avions conjointement organisé en mai dernier, Ludovic Philippo a déclaré que les réflexions autour des applications « intelligentes » se poursuivaient avec comme objectif d’améliorer très nettement les services apportés au voyageur.
« Affranchir les agences de démarches traditionnelles »
En agence, les conseillers peuvent désormais recourir au moteur inspirationnel de Sabre. Le client qui dira, par exemple, « Je suis à Paris et je veux aller à la plage » se verra proposer différentes offres pertinentes sans que cela nécessite de paramétrages de la part du voyagiste. « C’est le nerf de la guerre pour ceux qui veulent faire du package, a expliqué Ludovic Philippo. De plus, alors qu’il était nécessaire auparavant de faire plusieurs requêtes vers Sabre, la solution va désormais puiser dans le cache et faire remonter toutes les recherches qui ont été récemment effectuées avec ces mêmes critères. Le conseiller va donc gagner un temps précieux. » A l’avenir, ces recherches pourront être effectuées à voix haute. « Si nous développons de plus en plus ces applications, c’est pour affranchir les agences de démarches traditionnelles qui perdurent depuis une vingtaine d’années », a ajouté le directeur commercial de Sabre, Bernard Molle.
Le gain de productivité est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles Austral Lagon a choisi Sabre. Selon son directeur général, Hélion de Villeneuve, les Web services lui ont permis d’intégrer facilement une « base transport » très lourde et d’accéder à de nouveaux plans de vols, ce qui génère de nombreuses combinaisons possibles pour le client final. « Désormais, tout est automatique alors qu’avant on devait le faire manuellement. Il était hors de question d’arriver en retard sur le marché en utilisant le même outil que les autres. Grâce à ces Web services, nous avons pu nous démarquer, notamment sur le BtoB. »
Sabre, « ce n’est plus le même GDS »
De son côté, le co-fondateur de MisterFly, Carlos Da Silva, affirme avoir été surpris par l’évolution des outils du GDS, lui qui avait pris ses distances avec le Tourisme durant 3 ans. « Une très grande partie de nos équipe connaissait très bien Sabre et tout le monde est unanime : ce n’est plus le même GDS. » Technologie plus affûtée, souplesse et réactivité des équipes accrues, Sabre séduit. « Nous avions besoin d’aller le plus vite possible dans le développement de notre moteur, poursuit Carlos Da Silva, et Sabre s’est investit en nous donnant les moyens de travailler alors que les discussions commerciales pouvaient, à ce stade, ne pas aboutir. » La start-up testera la solution en situation réelle la semaine prochaine, mais suite à de nombreux tests, elle se dit très confiante.
MisterFly a également signé avec Travelport, la semaine dernière. L’idée étant d’avoir la meilleure solution et d’apporter une offre la plus riche possible, les dirigeants n’excluent aucun GDS. Ils devront en effet être parfaitement équipés pour se tailler une part de marché dans le BtoB, le BtoC et peut-être le Business Travel.
Concernant le voyage d’affaires, justement, Ziad Minkara, directeur général de CDS Groupe, estime que « c’est souvent le parent pauvre » au niveau au niveau des développements technologiques. Il est donc de bon augure que les GDS soient devenus « des entreprises de software » capables de se montrer hyper réactives malgré leur taille et de répondre à des besoins très spécifiques. Solution de réservation et de services dans l’industrie hôtelière, CDS Groupe a pu intégrer la technologie de Sabre en moins d’un an, ce qui lui permet d’enrichir le stock hôtelier que l’entreprise apporte aux agences avec des offres peu répandues comme les B&B, d’émettre des cartes virtuelles de paiement et de favoriser l’approche omnicanal. Le voyage d’affaires est un segment dans lequel Sabre souhaite davantage s’investir, nous confie Ludovic Philippo.