L’entreprise de conseils en stratégie Monitor Deloitte a présenté son étude “ Ubérisation: Partager ou Mourir!?”sur l’économie collaborative lors de la 4ème édition des Enjeux du e-commerce organisée par la Fédération e-commerce et vente à distance (FEVAD).
L’étude, qui porte sur les bouleversements créés par le modèle économique de l’ubérisation – où l’usage d’un bien ou d’un service prédomine sur la possession -, estime que ce marché générait actuellement environ 26 milliards de dollars. Ce chiffre pourrait atteindre 100 milliards de dollars d’ici trois ans.
L’économie collaborative semble également créer plus de valeur qu’elle n’en détruit dans les secteurs de l’hébergement et du transport qui comptent respectivement pour 18% et 23% du marché total des entreprises adoptant ce modèle d’affaires. Les acteurs clé de cette industrie rencontrent toutefois plusieurs obstacles à leur croissance, que ce soit avec la réglementation (Uber Pop est par exemple interdit en France); la fiscalité (comme pour les clients d’AirBnb à Amsterdam qui doivent payer une taxe touristique équivalent à 5,5% du prix du logement); l’assurance (pour, par exemple,couvrir les dégâts occasionnés par des voyageurs peu scrupuleux) ou encore la réputation qui sous-entend de pouvoir identifier les utilisateurs et de quantifier la confiance.
Trois grands facteurs de bouleversement
Pour Monitor Deloitte, la disruption provoquée par l’essor de l’économie collaborative est amplifiée par trois dynamiques, dont la première est sociétale. En effet, de plus en plus de gens ressentent le besoin de partager, notamment parce qu’ils ont des idéaux écologiques et environnementaux. Les entreprises issues de l’économie collaborative permettent en partie de combler ces besoins, d’autant qu’elles créent des liens sociaux entre les utilisateurs. La volonté de devenir propriétaire, que ce soit de son logement ou de son véhicule principal par exemple, ne semble plus être un facteur aussi révélateur du statut social qu’auparavant. Des études montrent que depuis quelques années, et notamment aux États-Unis, les jeunes générations privilégient leur mobilité dans le cadre de leur vie privée ou professionnelle. Alors qu’il y a encore quelques années, on pouvait faire carrière dans une même entreprise et une même ville, c’est moins le cas aujourd’hui. Bien entendu, ce fait de société trouve aussi son explication dans un contexte économique difficile. Une partie de la génération Y souffre d’un pouvoir d’achat amoindri et d’un taux de chômage conséquent. Le facteur économique est donc aussi à considérer dans l’essor de l’ubérisation. L’économie collaborative est une façon de compléter son salaire, de monétiser un excès d’inventaire, d’obtenir des prêts moins onéreux, ou encore d’optimiser la valeur des biens possédés, par exemple en louant sa maison ou sa voiture à d’autres particuliers. Les plateformes mobiles –smartphones, applications…-, le paiement sécurisé en ligne et les diverses communautés ayant des intérêts communs cristallisées par les réseaux sociaux favorisent aussi, selon l’étude, la croissance de l’ubérisation.
Un nouveau modèle économique
Le fait que l’économie collaborative soit orientée vers l’usage plutôt que vers la possession permet à ses utilisateurs de bénéficier d’un choix plus vaste, d’une flexibilité plus importante et de meilleurs tarifs. En outre, Monitor Deloitte indique que favoriser l’usage par rapport à la possession génère moins de désagréments aux utilisateurs. Ces derniers peuvent aussi devenir des fournisseurs et le rapport entre les différents consommateurs comporte moins d’intermédiaires, voire aucun, que dans les entreprises traditionnelles.
Par ailleurs, l’utilisation des technologies digitales permet d’accéder facilement aux divers services grâce à des plateformes spécialisées et personnalisées, de bénéficier de nombreuses données et mesures en temps-réel. L’aspect interactif et social de l’ubérisation constitue aussi un gage de confiance pour les consommateurs.
Les entreprises traditionnelles qui désireront s’adapter à ce nouveau mode de consommation développeront des produits pour lesquels la durée de vie primera sur le prix.
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