D’ici 2030, des robotaxis remplaceront une bonne partie du parc automobile et des taxis traditionnels, selon une récente étude publiée dans la revue Nature.
Ces voitures autonomes permettront, selon l’étude Nature Climate Change, de réduire de moitié les émissions de gaz à effet de serre liées au transport personnel. Selon le principal auteur de l’étude, le chimiste Jeffrey Greenblatt, si seulement 10% des courses actuelles étaient faites en taxirobot, cela représenterait une baisse de 1% des émissions de dioxyde de carbone aux États-Unis. De plus, un seul taxi fait autant de kilométrage que six voitures privées dans une grande ville américaine.
Le chimiste travaille depuis environ 15 ans à étudier l’impact des technologies sur la demande énergétique. D’après lui, les robotaxis ne seront pas plus onéreux que les taxis actuels dont plus de 50% du coût est destiné à payer le chauffeur. Il estime toutefois que les économies seront compensées par l’achat de voitures autonomes dont le prix est plus élevé que les voitures traditionnelles. Réduire la pollution
Jeffrey Greenblatt croit également que le succès des voitures autonomes sera important. En effet, celles-ci pourront varier en taille et être commandées selon le nombre de passagers à bord. Les gens voyageant seuls auront donc accès à des tarifs moins élevés car leur voiture sera plus petite, tandis que les gens se déplaçant en groupe de trois ou quatre useront d’une voiture de taille standard.
En présumant que les robotaxis seront des voitures hybrides dont les batteries pourront être rechargées via des bornes électriques, Jeffrey Greenblatt pense que les gaz à effet de serre seront considérablement réduites. Selon lui, en conduite urbaine, la voiture électrique et son pendant hybride consomment de façon similaire étant donné que le moteur à essence reste peu sollicité. La source d’électricité consommée par les robotaxis aura également un impact sur les gaz à effet de serre si elle provient d’une énergie produite sans recourir au gaz naturel ou au pétrole. La réduction potentielle de ces gaz pourrait donc atteindre 100%, contrairement à un taux de 55% actuellement.
Quatre États américains ainsi que la capitale testent actuellement des voitures autonomes sur les routes. Le Nevada a également publié des règles d’homologation pour les voitures autonomes commerciales. Si certains optimistes pensent que les robotaxis feront leur apparition dès 2020, Jeffrey Greenblatt croit quant à lui que 2030 semble plus réaliste.
Selon lui, plusieurs emplois seront perdus, inévitablement, même si l’industrie doit prendre en considération les impacts sociaux qui pourraient être générés par une telle implantation. L'utilisation de voitures autonomes pourrait complètement révolutionner l'industrie de l'Automobile et du Transport. Dans une ère où le besoin de devenir propriétaire de son véhicule se ressent de moins en moins au profit d'un usage à la demande, on peut se demander si l'amélioration des services de transport aura un impact sur la vente d'automobiles et sur le marché du covoiturage. Il sera intéressant de voir comment réagiront les compagnies de taxis et de VTC.
Photo d’ouverture : Fotolia © Christian Müller