La start-up berlinoise GoEuro, spécialisée dans la comparaison de prix entre différents moyens de transport, vise à développer le marché de la réservation en ligne pour l’industrie des trains et des autobus, pour la rendre aussi lucrative que celle des transports aériens.
Cette dernière a connu de nombreux changements durant les 15 dernières années. Les réservations de billets se font actuellement pour la plupart via le web, mais ce n’est pas le cas pour les autres moyens de transport. Même en Europe, où le transport ferroviaire prévaut sur les autres, les ventes en ligne peinent à dépasser la barrière des 25%, selon une estimation faite par GoEuro.
Lancée en 2013, la start-up a levé 31 millions de dollars en fonds et démarrage et en capital risque dans l’espoir d’arriver à perturber l’industrie ferroviaire et celle des autobus. Dans un moteur de recherche qui ressemble à celui de Hipmunk ou encore Kayak, les utilisateurs de GoEuro indiquent leur destination, qui peut être une capitale, mais également un minuscule village. Ils obtiennent ensuite une liste de résultats comparant les trains, les avions et les autobus, en détaillant aussi les horaires ainsi que les tarifs. Les voyageurs peuvent donc choisir le moyen de transport le moins cher, la route qu’ils veulent prendre, ou encore les deux à la fois.
Passant de cinq à 90 employés, GoEuro opère actuellement dans neuf pays et a plus de 150 partenariats avec différentes entreprises d’autobus, de trains et de bateaux de croisière. À ce jour, la start-up dessert 20 510 gares, 10 011 stations d’autobus et 207 aéroports. « Notre croissance va continuer aussitôt que nous augmenterons nos partenariats avec les entreprises ferroviaires », a annoncé le PDG de GoEuro, Naren Shaam durant une entrevue donnée au magazine Entrepreneur.

Ce dernier eu l’idée de créer cette startup durant ses voyages à travers l’Europe il y a cinq ans. Ayant déjà visité l’Asie du sud-est, c’est en se baladant dans 14 pays européens qu’il a remarqué une différence au niveau de la qualité des transports entre les deux continents. « Le transport terrestre européen est problement supérieur à tous ceux ailleurs sur la planète. Les transports en train et en autobus sont vraiment pratiques », a-t-il confié.
Toutefois, malgré toutes les infrastructures déjà en place, les informations concernant les transports terrestres européens étaient basées sur un modèle d’affaires désuet: chaque pays œuvrait en silo. À l’époque, son statut de voyageur l’avait amené à se poser de nombreuses questions quotidiennement. Par exemple, à savoir quel était le moyen de transport le moins cher entre Londres et Amsterdam, ou encore, le temps nécessaire pour se rendre à une destination, en incluant le trajet jusqu’à l’aéroport, ou même s’il était possible de planifier un voyage entier à travers différents réseaux tout en ayant connaissant du prix total du déplacement.
Des codes des aéroports assignés à chaque vol existent afin de faciliter et d’assurer la fiabilité des différents horaires et des trajets, mais cela n’est pas le cas pour les gares de trains, les quais de bateaux de croisière ni pour les terminaux d’autobus. L’équipe de GoEuro a soigneusement compilé, identifié et catalogué chaque destination potentielle afin de constituer une gigantesque base de données. « Il s’agit d’un énorme marché où l’information est dispersée selon chaque moyen de transport différent », a expliqué Naren Shaam.
Le premier contrat d’importance que la start-up a obtenu a été celui passé avec les gestionnaires d’un chemin de fer allemand qui leur ont donné l’accès à leur base de données comprenant les stations et les horaires. S’il peut être facile d’obtenir ces informations d’une entreprise nationale, cela peut s’avérer plus ardu quand la demande est faite auprès de petits fournisseurs privés tels qu’une entreprise italienne d’autobus dont les opérations ne s’effectuent que trois jours par semaine. « Nous travaillons avec une vaste industrie qui est réceptive. Peut-être fallait-il un étranger pour venir résoudre le problème d’accessibilité aux données », a ajouté Naren Shaam.