L'événement TravelTech Paris, organisé par Sabre Travel Network et TOM, a eu lieu hier au NUMA, et a regroupé une centaine de professionnels du Tourisme.
Sous forme de table ronde, quatre chefs d'entreprise ont tenu à présenter les différents changements et perspectives d'avenir liés au Voyage. On comptait Bruno Gutierres, directeur du Business Development chez Airbus; Nicolas Brumelot, président et co-fondateur de la start-up MisterFly; Robert Chad, directeur général chez Etihad France; ainsi que Ludovic Phillipo, directeur général chez Sabre France.
La technologie au service des clients
Parmi les grandes tendances du milieu du Tourisme, il y a celle qui veut que l'ère mobile amène les clients à rechercher l'instantanéité pour satisfaire leurs besoins et envies. Robert Chad a d'ailleurs affirmé que « tout ce qui touche le transport aérien est connecté», ce que cherchent également les clients. Nicolas Brumelot a pour sa part ajouté que « la technologie permet de répondre aux problèmes de rentabilité et de productivité des entreprises, tout en aidant les clients». Une solution où tous sortent gagnants, en somme.
Un autre aspect dominant de l’industrie du Voyage souligné lors de TravelTechParis a été celui de la publicité ciblée. En recueillant davantage de données sur leurs passagers, les entreprises seront à même de mieux adapter leurs services. Cette « tendance lourde », selon Robert Chad, amènera probablement les sociétés à une « personnalisation liée aux passagers ». Comme tout sera connecté, tant les clients qui verront leurs besoins satisfaits que les entreprises qui créeront ainsi de nouvelles sources de revenus, tout le monde y trouvera des avantages.
Nicolas Brumelot a de plus avancé l’idée des options de localisation avancées : « Le client est versatile. Il passe du PC, à la tablette, au mobile… (…) Comme le client passe d’un appareil à l’autre, les entreprises doivent s’adapter », a-t-il souligné en mentionnant que les sociétés doivent proposer des produits adaptés selon le média utilisé, et pas que sur mobile. Il a également ajouté que les avis des clients étaient essentiels au développement des entreprises.
L'un des axes de création de valeur importants, selon Bruno Gutierres, reste celui de l’analyse des données. Selon lui, cela permettra aux entreprises de créer une réalité augmentée et une interactivité plus efficaces entre les clients et les entreprises. Comme un avion génère plein de données à chaque vol, le simple fait d’anticiper une panne pourra avoir une grosse valeur pour une compagnie aérienne. Selon lui, tout ce qui tournera autour des avions connectés, pour optimiser la trajectoire et moins consommer d’essence, entre autres, aura une valeur ajoutée à la fois pour les passagers, mais aussi pour l’équipage.
Cette réflexion ne doit pas se faire uniquement autour de l’avion, mais également au niveau de l'ensemble de la chaîne de l’industrie du Transport. Robert Chad a souligné le fait qu’en ayant non seulement des aéroports connectés, mais également des voitures, tout s’inscrira dans la tendance de la connectivité, spécifiant que déjà, les consommateurs cherchent à avoir accès en tout temps à tout. Par exemple, à la diffusion de matchs de foot en temps réel, même à bord de l’avion.

Une industrie en plein essor
Mais qui sont les acteurs dominants de l’Industrie du Tourisme et reste-t-il de la place pour de nouvelles entreprises dans le marché ? Pour Bruno Gutierres, les barrières entre les grosses pointures et les start-ups n’existent plus. Selon lui, il est « vital de s’intéresser aux autres écosystèmes pour créer de la valeur sur sa plateforme et s’adapter aux autres industries. »
Tout en évoluant dans des environnements différents, chaque entreprise possède, selon lui, ses caractéristiques. Les start-ups, en recherchant l’agilité et la simplicité, vont plus vite et plus loin que les grandes entreprises. Celles-ci, à son avis, se rapprocheront des start-ups pour « créer un réseau qui va permettre de capter l’innovation partout. »
Selon Ludovic Phillipo, si ce sont les start-ups qui auront la capacité de vulgariser la technologie au départ, il est impossible de prédire qui s’en emparera par la suite.
Nicolas Brumelot, pour sa part, pense que ce marché reste encore entièrement accessible aux entreprises désireuses de se lancer en affaires. « Le marché du Tourisme présente énormément d’opportunités, il est en mouvement. Cela attire les startups », a-t-il déclaré.
Comment lancer une start-up qui réussit ?
Si tous sont d’avis que le milieu du Tourisme regorge d’idées nouvelles, il ne suffit pas d’avoir la fibre créatrice, mais également un plan de mise en marché, selon Bruno Gutierres. Il a également ajouté que les start-ups ont souvent besoin d’un accompagnement face à leur plan, ce que leur permet un accélérateur. « C’est une sélection naturelle », a-t-il dit en précisant que les accélérateurs jouent souvent le rôle de software as a service (SaaS) qui aident les entreprises débutantes à interagir avec d’autres groupes professionnels, dont les grosses pointures.
Robert Chad partage également cet avis, en précisant que les start-ups doivent trouver des solutions par le biais de fournisseurs, tels que Sabre. Pour créer des contacts, il a ajouté que les entreprises font généralement des appels d’offre, au niveau de la technologie.
Quant à Ludovic Phillipo, il a souligné la capacité des grandes entreprises à aider les plus petites: « Aujourd’hui, nous disposons de plus de 150 API via Sabre Dev Studio pour permettre aux start-ups de se développer », en plus de fournir d’autres services tels que la gestion des équipages et de l’expérience du voyageur.
Bruno Guttieres a renchéri en affirmant que beaucoup de start-ups font l’erreur de se concentrer sur les problèmes techniques. « Ce n’est pas seulement ça. Il faut aussi penser à la stratégie », a-t-il déclaré.
L’utilisation de la technologie doit quand même s’inscrire dans la perspective d’aider le client, selon Nicolas Brumelot, qui est d’avis que cela ne doit pas devenir intrusif. « Le client veut être connecté, sans être envahi. Il faut user de la technologie de façon intelligente », a-t-il spécifié.
Joakim Everstin, directeur de l’innovation chez Sabre EMEA, est également allé dans ce sens. « Parfois, on fait l’erreur d’innover rien que pour innover », a-t-il dit. Selon lui, les entreprises du Tourisme doivent toujours se mettre à la place des voyageurs pour anticiper leurs besoins. Comme la prochaine génération, de plus en plus connectée et à la recherche d’instantanéité, représente 2 milliards de personnes, les services technologiques s’avèrent une perspective très lucrative.
Dans une industrie qui évolue de plus en plus rapidement, il ne serait pas étonnant de voir très bientôt quelques tendances devenir une réalité accessible au public général.