Demain, une hôtellerie éphémère hyper-personnalisée ?

Dans cette chronique, Sophie Lacour, Docteur en Sciences de l’Information et de la Communication, Secrétaire Générale de l’AFEST, explore pour TOM le potentiel…

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Julia Luczak-Rougeaux

27 avril 20153 min de lecture

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Une maison construite à l'aide d'une imprimante 3D© Archives Travolution

Dans cette chronique, Sophie Lacour, Docteur en Sciences de l’Information et de la Communication, Secrétaire Générale de l’AFEST, explore pour TOM le potentiel des matières biodégradables à la lumière pour des chambres d'hôtel éphémères et ultra-personnalisées.

Je viens de lire un article portant sur les matières biodégradables à la lumière.

Les scientifiques de l’université d’État du Dakota du Nord ont mis au point une matière plastique qui se décompose à la lumière. Sa dégradation est remarquablement rapide puisqu’il lui faut seulement trois heures pour disparaître totalement. Pour fabriquer leur nouveau matériau, ils ont utilisé des molécules dérivées du fructose, un sucre simple présent dans les fruits, et des molécules absorbant la lumière. En chauffant ce mélange, les scientifiques ont été en mesure de créer des chaînes de molécules qui forment une matière plastique solide lorsqu’elle est refroidie. Ensuite, ils ont exposé ce plastique à une lumière UV à une longueur d’onde de 350 nanomètres (qui appartient à la gamme des longueurs d’onde émises par le Soleil). Les molécules absorbant la lumière ont alors brisé les chaînes de molécules, ce qui a provoqué la dégradation du plastique. Le processus est si efficace qu’il a fallu seulement trois heures d’exposition à la lumière UV pour que le plastique se décompose en une solution claire.

Ceci peut permettre donc d'imaginer des matières d'une durée de vie très limitée, quelques jours, voire quelques heures.

Dans un autre domaine nous avions tous été fascinés l'an dernier par cette imprimante géante qui a réalisé 10 maisons en moins de 24 heures en Chine. En une journée, une dizaine de maisons de 200 mètres carrés chacune. En utilisant de surcroît des matériaux provenant du recyclage, de la fibre de verre et du ciment. Du fait du faible coût des matériaux et de celui du procédé, chaque maison est revenue à environ 4.500 euros.

Avec la miniaturisation des imprimantes et la réduction des coûts, nous pouvons projeter que nous pourrons imprimer des unités d'habitation à faible coût en quelques heures seulement.

En quoi cela peut-il concerner le Tourisme ? En couplant ces nouveaux matériaux rapidement biodégradables à la technique de l'imprimante 3D nous pouvons imaginer une révolution dans l'hébergement touristique.

Par exemple, des acteurs de l'hébergement touristique pourraient nous proposer d'imprimer une chambre à la demande. En nous proposant plusieurs lieux, des sortes de parcelles viabilisées, sur lesquelles nous pourrions choisir d'imprimer notre chambre. Celles-ci seraient ultra personnalisables, en taille, couleur, aménagement... Nous pourrions sur catalogue choisir d'avoir une chambre au bord de la mer, à la campagne ou tout autre lieu ou l'hôtelier posséderait des terrains. Une hôtellerie dématérialisée en quelque sorte, ou plutôt une hôtellerie éphémère.

L'hôtelier du futur pourrait donc avec des imprimantes 3D proposer des chambres ultra personnalisées mais aussi en fonction des saisonnalités. En effet, l'hôtel pourrait se délocaliser au gré des saisons, des modes ou des événements. Un festival, qui se trouverait dans une localité avec peu d'hébergements, pourrait sans problème accueillir un large afflux de touristes, qui imprimeraient leurs chambres à proximité.

Mais me direz-vous, que faire de toutes ces chambres imprimées une fois le client parti. C'est là qu'interviennent tous ces matériaux temporaires biodégradables à la pluie ou à la lumière.

Ces nouveaux matériaux ouvrent donc un champ des possibles infini concernant l'hébergement.

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