Sophie Castellanos, consultante Nouveaux Médias chez Article Onze Tourisme, nous emmène aux pieds des murs et nous invitent à lever la tête pour contempler trompes-l'oeil, fresques et portraits. Des acteurs du Tourisme valorisent cet art pour s'adresser à une cible urbaine et connectée.
"Ecoutez, les rues vont vous parler." Telle est la promesse de Google sur son site internet "Street Art Project". Développé par le Google Cultural Institute, il propose à l'internaute de faire le tour du monde des fresques de Street Art sans bouger de son fauteuil. Pour cela, Google a utilisé sa technologie Street View, ce trolley spécialement conçu pour réaliser des photographies à 360 degrés et capturer des graffitis du monde entier.
Street Artist : Kobra
Google prétend ainsi pérenniser les oeuvres de Street Art qui sontpar nature éphémère et les conserver grâce aux nouvelles technologies. Près de 10 000 oeuvres sont déjà répertoriées et numérisées à travers ce projet.
Street Artist : Nathalia Rak
Du mur à l'écran Le Street Art est un outil de valorisation du territoire qui collabore à l'essor d'un tourisme culturel urbain. Les acteurs du tourisme l'ont bien compris et proposent des circuits urbains dédiés comme par exemple des chasses au trésor grandeur nature avec un QR code présent à côté des oeuvres de Street Art à New York ou des parcours artistiques comme le "Street Art 13", réalisé en collaboration avec la Galerie Itinerrance dans le 13ème arrondissement de Paris. Et le public est là ! En atteste le succès de la Tour Paris 13 pour laquelle les visiteurs avaient fait jusqu'à 6 heures de queue pour pouvoir pénétrer dans l'édifice.
Tour Paris 13 - Street Artist : El Seed
Grâce au Street Art, les acteurs du tourisme révèlent une autre facette de la ville et s'adressent à une cible différente, urbaine et connectée. Le premier réflexe des passants lorsqu'ils découvrent une oeuvre de Street Art est souvent de la photographier et ensuite de la partager sur leurs réseaux sociaux tels qu'Instagram et Facebook. Le hashtag générique #streetart sur Instagram représente d'ailleurs plus de 12 millions de publications ! Il est intéressant pour les acteurs du tourisme de prolonger l'expérience Street Art dans la sphère digitale pour apporter un complément d'information et capter ce nouveau public. De Miami, l'on connaît les plages de rêves, mais la ville regorge également d'oeuvres Street Art.Les quartiers de Wynwood et Design District présentent un ensemble impressionnant de peintures murales. Lors de la manifestation d'art contemporain Art Basel à Miami, un dispositif de réalité augmentée avait été mis en place pour que le public voit les tableaux de Street Art s'animer sous leurs yeux grâce à des tablettes numériques. De nombreuses applications pour smartphones sont développées pour les amateurs d'art urbain comme par exemple l'application My Paris Street Art, ou Urbacolors. Ces applications géolocalisent les individus et leur signalent les fresques présentes dans les environs. Les utilisateurs peuvent ensuite photographier les oeuvres via les applications, les partager sur leurs réseaux sociaux et indiquer s'ils trouvent des oeuvres non répertoriées pour enrichir la base de données existante.
Vitry-sur-Seine - Street Artist : C215
Finalement, dès ses prémices au début du XXe siècle chez les artistes russes et mexicains comme Diego Rivera et ses célèbres peintures murales, le Street Art avait pour vocation de rendre l'art accessible à tous en investissant des lieux de passage.Cette volonté reste intacte. Nous assistons aujourd'hui à une reconnaissance internationale du Street Art. Le futur Lascaux IV, Centre International de l'Art Pariétal, qui présente les premiers chefs d'oeuvres de l'Humanité, mettra en perspective dans la zone d'exposition l'art préhistorique avec des expositions d'art contemporain et de Street Art pour faire dialoguer les époques, les arts et les techniques. Le Street Art a un bel avenir devant lui !
Source : Aiko mural