
Pour exister un peu plus face au mastodonte Google, Qwant, le seul moteur de recherche européen, a décidé de faire peau neuve en repessant plusieurs choses, dont la navigation et le logo, mais en gardant toujours les mêmes valeurs : sécurité, confidentialité et respect de la vie privée.
L’objectif de Qwant n’est pas de concurrencer Google (qui représente 93,64% des parts de marché en Europe), mais d’être une alternative pour les internautes en quête d’une certaine neutralité du Net. Lancé officiellement en juillet 2013 par Jean Manuel Rozan, Eric Léandri et Patrick Constant, Qwant est le seul moteur de recherche européen et se veut éthiquement irréprochable : il assure la sécurité et le respect de la vie privée des internautes, ne traque pas, ne profile pas et ne monétise pas les données. D’ailleurs, le moteur de recherche est partisan de la « data minimisation », c'est-à-dire qu’il ne récolte que les données qui permettent la bonne navigation de l’utilisateur. Le reste n’est pas conservé.
Qwant est présent dans 25 pays, est disponible en 16 langues et a généré 1,6 milliards de requêtes en 2014. Une bagatelle lorsque l’on sait que 3,3 milliards de requêtes sont effectuées chaque jour sur Google, mais l’entreprise croit en son modèle alternatif. D’ailleurs, elle enregistre 20% de requêtes en plus chaque mois, la preuve que le moteur commence à se faire connaître. Des convictions et une croissance qui a convaincu le groupe allemand Axel Springer de prendre 20% du capital en 2014. La même année, son chiffre d’affaires atteignait 1,5 million d’euros.
Quoi de neuf ?
Dans cette nouvelle version lancée hier, Qwant a conservé son affichage en colonnes, mais en a réduit le nombre. Désormais il n’y en a plus que 4 : Web, « Qnowledge graph » (les informations principales issues de Wikipédia), actualité et social. L’affichage des réseaux sociaux dans les résultats est une particularité de Qwant : « Nous affichons les contenus pertinents issus des réseaux sociaux depuis le début. Google, lui, vient tout juste de s’y intéresser et vient de déposer un brevet », a déclaré Eric Léandri, co-fondateur et Directeur Général. Parmi les autres nouveautés : une page d’accueil plus épurée, des sources plus diversifiées et les résultats affichés en « infinite scroll ». Enfin, tous les e-commerçants ne sont visibles que dans la catégorie shopping, sauf quand le résultat est vraiment pertinent. C’est d’ailleurs de cet onglet que Qwant tire ses revenus : il prélève une commission à chaque fois qu’un internaute ouvre un site e-commerce. Le logo lui aussi a fait peau neuve et affiche la lettre "Q" en couleurs, en forme de loupe, au dessus du nom du moteur de recherche.
Pour le moment, Qwant n’a pas prévu de campagne marketing. Le moteur compte sur le bouche à oreille et sur le message qu’il véhicule : les moteurs de recherches existants connaissent tellement de choses sur nous qu’ils nous poussent les mêmes résultats et nous allons toujours sur les mêmes sites. Comment découvrir de nouvelles choses dans ces conditions ? Qwant veut laisser le choix aux internautes.
Qwant reviendras-tu ?
Alors que la Commission européenne et les 400 membres de l’Open Internet Project reprochent à Google sa position dominante et dénoncent sa concurrence déloyale, Qwant serait en Europe la solution à tous les problèmes. Malheureusement pour le moment, il n’est rien face au mastodonte qui a déjà une avance considérable. Les internautes vont-ils, à terme, être lassés d’être trackés et se rendre en masse sur ce nouveau moteur de recherche ? En tout cas, cela ne coûte rien aux acteurs du Tourisme de s’assurer d’être bien présents dans les résultats pour s’assurer plus de visibilité.