Juniper Research vient de publier une étude sur ce que sera le monde en 2020 d’un point de vue technologique. Tour d’horizon de ces tendances encore en développement ou qui viennent tout juste d’entrer dans nos quotidiens.

Selon Juniper, les appareils holographiques, tels que le casque HoloLens de Microsoft, auront une place prépondérante dans le domaine de la réalité augmentée. Elle est déjà présente sur mobile, à travers des applications qui permettent de faire des tas de choses : l’application Aurasma fait apparaître des minions à partir d’une simple affiche du film Moi, Moche et Méchant, celle d’Ikea permet d’imaginer à quoi ressemblerait son salon avec de nouveaux meubles, Word Lens traduit en temps réel des panneaux dans la même typographie et les mêmes couleurs que les originaux. Le smartphone Estar Takee permet, lui, de visionner des images holographiques ou en donne du moins l’illusion. D’autres technologies mobiles vont venir compléter ces prouesses, comme les beacons, des bornes bluetooth basse consommation qui activent le contenu particulier d’une application selon la localisation de l’utilisateur ou plus généralement le Machine to Machine (M2M) qui devrait véritablement arriver d’ici 2018. Malgré l’arrêt de la production des Google Glass, Juniper prévoit que d’ici 2018, 3 millions de lunettes intelligentes seront utilisés dans les entreprises.
Dans le domaine de la réalité augmenté intégrée aux wearables, il devrait y avoir 9 acteurs incontournables d’ici 2018: APX Labs, Atheer Labs, Epson, Google, Metaio , Microsoft, ODG, Qualcomm, Sony. La clé du succès pour ces entreprises est de créer de nouveaux usages, au-delà du côté gadget à la mode. Une chose que les fabricants de lunettes intelligentes n’ont pas encore réussi à faire selon Juniper. Cela prendra donc du temps.
Après les wearables, les wearables invisibles
Aux alentours de 2019, les vêtements et objets connectés devraient prendre de l’importance. Il ne s’agit pas de wearables totalement invisibles à l’œil nu, mais d’une technologie discrète, intégrée dans les objets du quotidien, comme des bijoux, des chaussures ou des gants. Aujourd’hui, tous les wearables ont du succès dans le domaine de la santé, car ils permettent de tout mesurer. Demain, cela pourra aller encore plus loin avec un circuit électronique collé sur la peau comme un tatouage, comme le « Epidermal Electronics System ». Le circuit intègre des électrodes et des diodes lumineuses et permet d’envoyer les données collectées sans fil aux médecins par des micro-transmetteurs intégrés.

8 acteurs sont importants dans ce secteur : Biostamp, Google, Intel, LG, New Deal Design, Omate, Withings. Selon Juniper, la meilleure façon de réussir est de soigner l’aspect esthétique du wearable, plus que ses possibilités techniques. Il ne s’agit pas non plus d’en faire des mini-ordinateurs, mais de créer une technologie adaptée au wearable.
Les imprimantes 3D
Le marché des imprimantes 3D ne peut que monter en puissance, tant les possibilités sont multiples, dans les matériaux ou les objets créés. De par son utilisation et son coût, l’imprimante 3D sera surtout adoptée par les entreprises d’ici 2019. Les consommateurs ne devraient être que 5 millions à en utiliser une avant 2020.
Les acteurs clés dans ce secteur sont 3D Systems, Adobe, Autodesk, Canon, Formlabs , HP, Shapeways, MakerBot. Puisque le coût d’une imprimante est trop élevé pour un consommateur, l’enjeu sera pour eux de créer des services autour.
Les drones
L’avantage des drones est qu’ils peuvent être adaptés pour une multitude d’usages, pour le grand public ou les entreprises. Les gagnants seront donc ceux qui permettront de personnaliser l’engin volant selon ses envies et besoins. Aujourd’hui, ils sont beaucoup utilisés dans le domaine de l’agriculture, mais devraient bientôt prendre une autre direction avec Amazon, qui prévoit de les utiliser pour livrer ses produits en 4-5 jours.
Quelques acteurs devraient tirer leur épingle du jeu : AliBaba, Amazon, DJI, Facebook, Google et Parrot. Le principal frein au développement des drones n’est pas technologique mais bien légal, car les lois sont aujourd’hui très strictes. C’est lorsque la législation sera plus souple qu’ils devraient monter en puissance.
La biométrie
La technologie biométrique est devenue banale lorsqu’il s’agit d’identification, digne des meilleurs films d’espionnage. Il est possible de déverrouiller son smartphone avec son empreinte ou d’entrer dans un bâtiment après un scan d’iris. Bientôt, la biométrie remplacera les mots de passe. Selon Juniper, 70 millions de personnes utiliseront des applications mobiles d’authentification d’ici 2017.

Les principaux acteurs du secteur sont Authentec, Cognitech, Emotient, EyeLock, Hitachi, Nuance Voice Biometrics. Même si la biométrie sera une technologie de fond, elle devrait néanmoins changer les habitudes de tout à chacun, à condition que les entreprises l’intègrent dans leur paysage, comme l’a fait Apple, plutôt que de créer une technologie à part. La notion de sécurité est elle aussi importante dans la confiance accordée dans ce genre de service.
L’assistance à la conduite
Les systèmes d’assistance aux conducteurs devraient dans le futur non plus donner des informations sur la route, mais comprendre ce qui se passe et donner des indications aux conducteurs. Une praticité très bien comprise par les constructeurs automobiles, mais peu par le grand public qui devraient commencer à s’y intéresser vers 2019.
Audi, BMW, Continental, Harman, Hyundai, KORE, NVIDIA sont les grandes entreprises du secteur. Pour que l’assistance s’enrichisse, il faut la lier à la réalité augmentée et plus globalement au concept de la voiture connectée. Dans ces conditions, les mises à jour doivent être simples à effectuer ou le système ne doit pas en avoir besoin du tout et dans ce cas être opérationnel pour au moins 10 ans.
Pour aller encore plus loin : la 5G et l’Internet of everything
A partir de 2020, toutes les données sur les appareils mobiles seront interconnectées. Grâce à la 5G, les choses du quotidien qui ne sont habituellement pas connectées à Internet le deviendront, formant ce qu’on appelle l’Internet of everything. Toutes ces données deviendront monétisables ou permettront aux entreprises de toujours améliorer services ou produits. Dans ce futur, 3GPP, China Mobile, Ericsson, Google, GSMA, Huawei, Intel, ITU, NTTDoCoMo, Qualcomm, Samsung, Vodafone auront leur importance.
Même si on ne sait pas encore ce que permettra la 5G, il faut s’attendre à une vitesse de 10GB/s minimum lors d’un téléchargement (aujourd’hui, la 4Gpermet d’aller jusqu’à 1GB/s). Une vitesse que devront atteindre tous les appareils M2M par la suite.
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