Tendances marketing : que retenir du salon CES 2015?

Hier a eu lieu une matinée d’interventions organisée par l’EBG (Electronic Business Group) intitulée « Bilan du CES et perspectives digitales en 2015 ».

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Julia Luczak-Rougeaux

23 janvier 20154 min de lecture

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© Archives Travolution

Hier a eu lieu une matinée d’interventions organisée par l’EBG (Electronic Business Group) intitulée « Bilan du CES et perspectives digitales en 2015 ». L’occasion de revenir sur les innovations qui ont marqué le salon technologique, sur les tendances qui en découlent et savoir en quoi ils pourraient intéresser les marketeurs.

Cette matinée d’interventions a débuté avec Olivier Ezratty, conseiller en stratégies de l’innovation qui s’est rendu au CES (Consumer Electronic Show), LE salon des hautes technologies qui a lieu tous les ans à Las Vegas. Selon lui, le salon reste pertinent, même s’il est centré sur des produits numériques. Particulièrement cette année, où les objets connectés étaient partout dans les allées. Des objets connectés beaucoup proposés par la France, 5e pays en nombre d’exposants cette année. « Il y a 10 ans, les Français étaient moins de 30 », a remarqué Olivier Ezratty, « La France a cette capacité à créer des catégories de produits qui n’existent pas encore ». Comme le monde des possibles est encore vaste dans le secteur des objets connectés, les Français ont donc l’opportunité de se faire une place.

Un format de qualité pour de plus belles vidéos

Selon Olivier Ezratty, la première innovation présentée au CES et qui pourrait intéresser les marketeurs est le format vidéo 4K. S’il n’est pas nouveau, ce format plus défini qu’une image Full HD devient de plus en plus populaire et les télévisions et plateformes vidéos pouvant le lire se multiplient. Aujourd’hui, Netflix, Youtube, Amazon Prime, Direct TV ou Comcast proposent des contenus en 4K. En France, aucune chaîne ne propose ce format. Les films publicitaires ont pourtant tout intérêt à être filmés en 4K, pour apparaître de très bonne qualité chez les personnes équipées. Dans quelques années, cela pourrait se généraliser, comme la HD aujourd’hui. Côté écran, une autre innovation a été remarquée : Sharp et son écran LCD souple qui s’adapte à son environnement. Il peut ainsi être installé sur une colonne ou sur du mobilier. Encore à l’état de prototype, cet écran pourrait faire son effet dans le secteur du Tourisme. « En allant plus loin, on pourrait même imaginer que dans plusieurs années le papier peint devienne écran de télévision », a déclaré Olivier Ezratty.

Les voitures connectées et automatiques : des nouveaux supports de communication

Si le marché des voitures connectées il y a 10 ans était plutôt l’apanage des beaufs et du tunning, selon le conseiller en stratégies de l’innovation, il a aujourd’hui bien évolué. Et si la voiture connectée est également automatique, tous les éléments sont réunis pour diffuser de l’information et de la publicité dans le véhicule. « Le passager n’est plus occupé à conduire puisque la voiture se déplace toute seule, son attention peut donc être retenue par des écrans intégrés dans les portières qui diffuseraient toutes sortes de contenus marketing », explique Olivier Ezratty. Pour le moment, les voitures automatiques sont loin d’être partout sur les routes et ne sont que des prototypes, mais c’est une tendance qui se généralisera dans les 10 prochaines années.

Des objets connectés en veux-tu en voilà

« Les objets connectés c’est comme la Bible on y prend ce qu’on y veut », a déclaré Olivier Ezratty pour illustrer la déferlante d’objets connectés au CES cette année où l’on trouvait le meilleur comme le pire. Chaque objet est censé réunir un usage, des capteurs, un design attirant, de la connectivité, du Big Data, une application, du cloud et une technologie qui orchestre le tout. Le vrai challenge pour les entreprises qui lance un objet connecté aujourd’hui est de s’inscrire dans la durée. « Bien souvent, les gens délaissent leur gadget au bout de 18 mois. Pour une installation durable, il faut qu’il vienne influencer la vie réelle », a déclaré Olivier Ezratty. Une lassitude de la plupart des utilisateurs souvent causée par la difficulté technique rencontrée. C’est pourquoi le groupe Laposte était présent au CES, afin de présenter son hub numérique. « Tout le monde nous a demandé ce que nous faisions là, nous ne sommes pas perçus comme un acteur numérique référent », a déploré David De Amorim, Directeur Innovation du groupe. Pourtant, La Poste compte bien simplifier la vie avec ce hub qui sortira en avril-mai pour gérer tous ses objets connectés sur un seul support.

Comment se démarquer au milieu de cette multitude d’objets et s’installer dans la durée ? Tout tourne autour de la notion de service, selon Pascal Malotti, Directeur Conseils chez Valtech. « Ikea n’est plus seulement un magasin de meubles mais aussi un décorateur d’intérieur, Nike n’est plus seulement une marque de vêtements mais un coach sportif », a-t-il expliqué. C’est dans ce sens que doit aller toute stratégie marketing. L’enjeu est de créer de la disruption, de créer une rupture afin de permettre à une marque de se différencier grâce à une communication publicitaire originale, spécifique et créative. « Le piège aujourd’hui est de dire que les objets connectés vont se multiplier dans les prochaines années donc il faut se lancer sur le marché. Un produit doit être le résultat d’un réel besoin de la part des consommateurs », a déclaré Olivier Ezratty. Le mot de la fin est pour Pascal Malotti : « Les objets connectés, les applications mobiles ne sont que des moyens d’apporter un service, qui doit se placer au cœur de la stratégie de toute marque. »

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